Charles Ponzi et Montréal

Charles Ponzi (3 mars 1882 Lugo, Italie - 18 janvier 1949}} Rio de Janeiro, Brésil)

Charles Ponzi (3 mars 1882 Lugo, Italie - 18 janvier 1949}} Rio de Janeiro, Brésil)

Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo (Charles) Ponzi est le concepteur d’un mode d’escroquerie élaboré sur une chaîne d’emprunt, chacun d’entre eux étant assuré par un nouvel emprunt plus élevé. Pour que les recettes continuent à couvrir les engagements, il faut une croissance des souscriptions. Dès que celle-ci se ralentit, la cessation de paiement fait découvrir le système de cavalerie. Cette technique d’escroquerie, punie depuis longtemps comme délit, est aussi appelée chaîne de Ponzi. Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo Ponzi est né à Lugo en 1882 dans une famille originaire de Parme. Il aurait travaillé comme postier avant de passer quatre ans à l’Université de Rome La Sapienza.

Boston

C’est le 15 novembre 1903 que Ponzi arrive à Boston à bord du S.S. Vancouver. Selon ses propos à un journaliste du The New York Times, il n’avait que 2.50$ en poche, ayant perdu toutes ses économies au jeu pendant la traversée. Notons que beaucoup de détails de la vie de Ponzi proviennent de ses déclarations ce qui les rendent sujets à caution, compte tenu de son sens de l‘affabulation. À Boston, il occupe plusieurs emplois dont celui de garçon dans un restaurant d’où il sera congédié au motif de vol. Il apprend qu’un de ses compatriotes, Luigi Zarossi s’était installé à Montréal et y avait prospéré grâce au commerce de cigares

Montréal

Il quitte donc Boston pour Montréal en juillet 1907 avec un dollar en poche. Zarossi avait toujours sa boutique de cigares, rue Saint-Jacques, mais il avait également mis sur pied une institution financière, la Banca Zarossi qui visait à encaisser les économies des immigrants italiens. Pour attirer les déposants, Zarossi offre 6% d’intérêt alors que les autres banques n’offraient que 2%. Ponzi y obtient un emploi en se faisant passer pour Charles Bianchi, un parent de la riche famille Bianchi (famille totalement fictive) en Italie. Il entre comme caissier avant d’y assumer des fonctions plus importantes. Il constate rapidement que Zarossi ne peut offrir un taux aussi élevé qu’en pigeant à même l’argent des nouveaux déposants, et que si tous les déposants réclamaient leur argent, c’était la faillite. Quand en 1908, les déposants commencèrent à avoir des doutes, Zarossi s’enfuit au Mexique avec la caisse, laissant femme et enfants à Montréal.

Bien que Ponzi ait pu jouer un rôle dans le fraude de Zarossi, aucune accusation ne sera portée contre lui et c’est la modique somme de 423.58$ qui lui vaudra la prison : il se présente un jour chez un ancien client de Zarossi, Canadian Warehousing, subtilise un chéquier et se fait à lui-même un chèque de 423.58$ en contrefaisant la signature du directeur de l’agence, Damien Fournier. Démasqué, il est condamné à trois ans d’incarcération à la prison de St-Vincent-de-Paul. Après 20 mois, il est relâché, mais dans les mois qui suivent, il est à nouveau arrêté pour avoir tenté de faire entrer illégalement des ouvriers italiens aux États-Unis. Il purgera une peine de deux dans une prison d’Atlanta.

La grande fraude de 1919

À sa sortie de prison, Ponzi retourne à Boston où il organise alors la grande fraude qui porte son nom, la chaîne de Ponzi, un système pyramidal dont l’envergure dépassera largement celle de la Banca Zarossi. Il promettait à l’investisseur un intérêt de 30% en 45 jours et de 240% en un an. Environ 40 000 victimes mordirent à l’hameçon. La rapidité de croissance de la bulle ainsi produite n’aura d’égal que la déconfiture des investisseurs lorsque celle-ci éclatera en 1920. Il s’ensuivra plusieurs procès, peines d’emprisonnement et, aussi incroyable que cela puisse paraître, d’autres combines chaque fois qu’il sera relâché. Le nom de Ponzi devient alors aussi infâme que celui de Madoff aujourd’hui.
La fin

Quand il est libéré en 1934, le gouvernement donne l’ordre de le déporter en Italie où il organise plusieurs arnaques sans grand succès. Benito Mussolini lui offrie un poste à la section financière du gouvernement, mais son comportement sans scrupule le force à fuir vers le Brésil non sans avoir subtilisé un montant non divulgué au Trésor italien. Pour le reste de sa vie, il vit d’expédients, faisant à l’occasion de la traduction. Après plusieurs accidents de santé qui le laissèrent pratiquement aveugle, il meurt complètement ruiné dans un hôpital public de Rio de Janeiro le 18 janvier 1949.

Sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ponzi
http://www.canada.com/news/national/PONZI+MONTREAL+LINK/1771602/story.html

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