DRAFT – ÉBAUCHE Veuillez Noter: ce document en développement est un livre électronique vivant qui évolue continuellement. Ce livre électronique fut créé pour la formation d’étudiants. Il est structuré en fonction d’un cours universitaire dispensé sur une session et comporte dix (10) modules principaux qui forment les dix (10) chapitres de ce livre électronique. Copyright 2012, Marc-André Léger et le Centre de recherche Hochelaga-Maisonneuve.
Liste des acronymes utilisés
- A: aléa
- c: confidentialité
- CAI: Commission d’accès à l’information du Québec
- CERT: Computer Emergency Response Team Coordination Center du Carnegie Mellon University, Pittsburg, Pennsylvania, USA
- CSI: Computer Security Institute, San Francisco, CA, USA
- CVE: Common vulnerabilities and Exposures (liste de vulnérabilités technologiques publiées sur le site Internet
- DBA: Database administrator, administrateur de bases de données
- d: disponibilité
- E: élément à risque
- GO: Giga Octets
- GRI: Gestion du risque informationnel
- I: identification
- i: Intégrité
- k: kilo
- o: organisation cible de l’étude
- P: priorisation
- M: mobilisation
- m: menace
- NIST: National Institute of Standards and Technology, USA
- NVAS: Network Vulnerability Assessment Software
- RAM: Random access memory, mémoire vive
- RSAI: responsable de la sécurité des actifs informationnels
- s: espace
- SI: système d’information
- t: temps
- TI: technologie de l’information
- vf.: version française ou traduction française
- VPN: Virtual private network
Liste des symboles utilisés
- α: appétence
- ψ: vulnérabilité
- δ: dommage
- θ: résilience
- μ(x): utilité d’une élément à risque x
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Chapitre 1: introduction au concepts
- La sécurité de l’information
- Le risque informationnel
- La gestion du risque informationnel.
1.1 La sécurité
La sécurité désigne tout d’abord un état de fait, l’absence de risque inacceptables. Cette définition est applicable dans plusieurs situations et plusieurs contexte. Par exemple, un individu se sentira en sécurité s’il perçoit qu’il n’est pas en présence de risques qu’il considère comme inacceptables ou que des situations à risques, des dangers, sont imminentes. S’il souhaite traverser la rue, un risque inacceptable pour un individu serait une automobile qui arrive dans sa direction. Dans ce cas il ne traversera pas la rue, il attendra que la l’automobile ai passé et que la situation soit devenue sécuritaire. Ainsi la note de sécurité est indissociable de celle du risque. D’une certaine façon la sécurité est le contraire du risque, il y a de la sécurité quand il n’y a pas de risque inaceptable, plus le risque est acceptable et plus la sécurité est élevé. Il y a plusieurs éléments importants à cette définition:
- La sécurité est un concept gradué plutôt qu’absolu. C’est-à-dire que l’on peut être plus ou moins en sécurité, dépendant de l’intensité du risque auquel nous faisons face, et à l’étendue des intérêts visés. Il n’existe aucun seuil métaphysique au-delà duquel nous entrons dans un état de sécurité, et en deçà duquel on peut dire de lui que la sécurité manque.
- La sécurité comporte ensuite une dimension proprement subjective. La sécurité est un sentiment qui, au même titre que la confiance, varie en fonction des individus et des communautés. Le sentiment de sécurité, c’est-à-dire, le sentiment que nos intérêts les plus fondamentaux ne sont pas menacés par des agents disposés à poser des gestes susceptibles de nous être préjudiciables, fait que nous n’avons pas à faire des investissements de ressources matérielles ou psychologiques démesurées pour protéger ces intérêts, que nous pouvons au contraire investir ces ressources dans des activités productives. Ce sentiment est intimement lié à la prévisibilité. Le sentiment de sécurité n’exige pas que nous soyons à l’abri de tout risque inaceptable, mais plutôt que ceux auxquels nous faisons face se situent à l’intérieur d’un cadre de règles et de pratiques auxquels nous consentons.
- Ce qui est inacceptable pour un individu, à un moment donné, dans un contexte donné peut varier. Cette tolérance à l’acceptabilité peut varier dans le temps et selon le contexte.
1.2 La sécurité de l’information
La sécurité de l’information est une sous-catégorie de la sécurité telle que nous l’avons présenté précédemment. Elle est définie comme l’ensemble des actions et des procédures conçues pour prévenir, avec un niveau de certitude démontrable, la divulgation, le transfert, la modification ou la destruction non autorisée, volontaire ou accidentelle du patrimoine informationnel d’un individu ou d’une organisation. Par patrimoine informationnel, nous entendons les données, ressources informationnelles, actifs informationnels et l’ensemble des technologies de l’information et des communications qui sont utilisés durant le cycle de vie de l’information. Les principaux objectifs de la sécurité de l’information sont :
- la confidentialité des données (c),
- l’intégrité des données (i),
- la disponibilité des données (d),
- l’irrévocabilité des transactions,
- l’authentification des utilisateurs et de l’origine des données,
- le contrôle des accès.
Ces objectifs varient selon les situations, les contextes et le temps. Les objectifs de sécurité proviennent de différentes sources, entre autres:
- besoins d’affaires,
- analyse de risque,
- politiques de sécurité,
- obligations légales ou contractuelles,
- codes d’éthique, de déontologie ou de gouvernance,
- lois et règlements,
- accords internationaux,
- normes locales, sectorielles, nationales ou internationales,
- recueils de pratiques exemplaires.
- Confidentialité
- Intégrité de l’information
- Disponibilité
- Non-répudiation des transactions:
- Non répudiation de la création
- Non répudiation de la livraison
- Non répudiation de la connaissance
- Non répudiation de l’origine
- Non répudiation de la réception
- Non répudiation de la soumission
- Non répudiation du transport
- Authentification:
- des utilisateurs
- de l’origine des données
- Contrôles des accès
- Respect de l’intégrité des individus:
- Consentement éclairé
- Protection des renseignements personnels
- Limites de la collecte (nécessité)
- Accès à l’information
- Droit de retenir, ségréger, corriger et copier
- Dénominalisation des données
- Transparence:
- Divulgation de l’utilisation des données (No secret databases shall exist)
- Limites à l’utilisation, la divulgation et la rétention
- Justification de la collecte
- Transmission sécuritaire des données
- Usage non commercial
- Processus permettant de contester la conformité; et
- Responsabilisation (Accountability)
- Prudence:
- Politiques organisationnelles
- Lois, règlements, directives, traités
- Contrôles de gestion (Management controls)
- Audit
- Documentation
- Formation des utilisateurs et du personnel technique
Globalement, l’information pourrait être indûment communiqué (sa confidentialité pourrait être compromise), modifié de manière inappropriée (son intégrité peut être compromise), détruite ou perdue (sa disponibilité pourrait être compromise). Cette compromission des données pourra causer une réduction de l’utilité attendue, tel que des pertes économiques au propriétaire de l’information, qu’elles soient reconnues ou non. La perte pourrait être directe (par la réduction de la valeur de l’actif d’information lui-même) ou indirecte (par le biais d’interruption de service, des dommages à la réputation, la perte d’un avantage concurrentiel, la responsabilité juridique, etc.).
1.3 La sécurité de l’information en pratique
Sur le terrain, la mise en oeuvre de la sécurité de l’information débute par l’élaboration d’une politique de sécurité. Cette politique décrit ce qui est autorisé et ce qui est interdit. La politique de sécurité de l’information devrait mettre en évidence la valeur de l’information et la mesure dans laquelle on en a besoin, ainsi que l’importance de la sécurité de l’information pour l’organisation. Elle devrait identifier les exigences minimales au plan de la conformité et des règlements en matière de sécurité. Cette étape inclut des éléments tels la politique de gestion des risques, la catégorisation et l’étiquetage d’information, la sécurité du personnel et matérielle, les exigences juridiques et contractuelles, l’élaboration et le fonctionnement des systèmes, la planification de la poursuite des activités, la production de rapports sur les incidents et les exigences d’intervention, l’application de mesures en cas de violation et la sensibilisation à la sécurité et la formation. La politique peut tenir compte de tout système d’information critique ou des exigences pertinentes. Elle doit cependant identifier les besoins en matière de sécurité de l’information développée en fonction des sept objectifs mentionnés précédemment. Il est nécessaire que soient assigné les rôles et les responsabilités en matière de sécurité de l’information et la distribution des responsabilités dans la structure organisationnelle. Dans les organisations qui effectuent des projets de développement, il faut inclure la sécurité de l’information dans le développement de systèmes d’information et dans les processus de mise en place ou d’achats de systèmes d’information. De plus la politique devrait :
- définir les règles et les procédures en matière de sécurité de l’information;
- définir les procédures pour l’identification de la nature sensible et la classification de l’information;
- identifier la stratégie de gestion du risque;
- définir les besoins en matière de continuité des affaires;
- définir des normes de gestion des ressources humaines;
- prévoir des plans de sensibilisation des employés et de formation continue en matière de sécurité de l’information;
- encadrer les obligations légales;
- identifier les règles de la gestion de l’impartition et des tiers; et
- définir la stratégie de gestion des incidents.
Mise en oeuvre de la politique de sécurité
Une fois qu’une politique de sécurité de l’information a été définie, la tâche suivante consiste à appliquer la politique. Pour ce faire, l’organisation déploie un mélange de processus d’affaires et de mécanismes techniques. Ce sont ces mécanismes de sécurité de l’information qui forment la sécurité informatique. Ces processus et mécanismes entrent dans six catégories:
- Les mesures de prévention, tels que la sensibilisations de ses employés et la formation de son personnel technique.
- Les mesures de protection, ce qui consiste à mettre en place des processus d’affaires et des mécanismes techniques qui visent à prévenir que des aléas se produisent, à réduire la probabilité qu’ils se produisent ou à minimiser leur impact.
- Les mesures de détection qui servent à alerter l’organisation quand des aléas surviennent afin qu’elle puisse prendre des actions afin de minimiser leur impact sur l’organisation.
- Les processus et mesures de réponse face aux conséquences d’aléas afin d’optimiser le retour à état d’équilibre. Des processus de réponses peuvent aussi inclurent des mesures punitives (réprimandes ou renvoi d’employés), criminelles (référé du dossier à des forces policières) ou légales (poursuites).
- Les mesures d’assurance afin de valider l’efficacité et le bon fonctionnement de la protection, de détection et les mesures d’intervention.
- L’audit pour déterminer l’efficacité des processus et des mesures.
Création d’un comité de sécurité
Il est recommandé de créer un comité de sécurité de l’information pour assister l’organisation dans l’élaboration de sa politique de sécurité et pour l’ensemble des activités de gestion du risque informationnel. Le comité devrait comprendre de quatre (4) à sept (7) membres. Ce comité devrait comprendre :
- un membre identifié comme chef de projet;
- le principal responsable de la sécurité s’il y en a un dans l’organisation;
- des représentants du groupe ayant la responsabilité opérationnelle et budgétaire des technologies de l’information dans l’organisation;
- des représentants des groupes responsables de l’exécution de la mission principale de l’organisation;
- un représentant du service des ressources humaines; et
- un conseiller juridique ou un cadre de l’organisation ayant des responsabilités en relation au contentieux.
Dans un premier temps le chef de projet devrait être identifié. Celui-ci pourra prendre en charge le suivi des différentes étapes de la méthodologie, dont la création du comité de sécurité de l’information. Il pourra documenter les règles de fonctionnement du comité et s’assurer de conserver des minutes des rencontres. Les membres du comité pourront varier selon les besoins de l’organisation et les priorités des gestionnaires de l’organisation. La structure et le modus operandi du comité de sécurité de l’information devraient tenir compte de cette possibilité.
Définition des objectifs de sécurité
L’organisation devra définir ses objectifs de sécurité, les exprimer en terme de besoins spécifiques (c,i,d, etc.) et faire un inventaire de son patrimoine informationnel. Entre autre, cela lui permettra d’identifier les éléments à risque qui sont plus prioritaires auxquels les efforts de gestion de risque devront s’attaquer en premier. Il est proposé de rencontrer les ayants cause de la sécurité, c’est-à-dire les membres de l’organisation qui ont un rôle à jouer da la sécurité de l’information, les propriétaire des actifs informationnels et les gestionnaires de l’organisation pour valider avec eux les besoins de sécurité. À cette fin, le tableau suivant peut être utilisé.
Amélioration continue
Évidemment, le travail n’est jamais terminé. La sécurité de l’information doit appliquer les principes d’amélioration continue. La définition de la politique, la protection, et les tâches de vérification sont effectuées maintes et maintes fois, et les leçons apprises à chaque fois à travers le cycle sont appliquées lors du prochain cycle. La sécurité de l’information doit appliquer le principe de prudence.
1.4 Le risque
La mise en oeuvre de la sécurité de l’information, qui débute par la politique de sécurité de l’information et l’identification des objectifs de sécurité, doit s’appuyer sur l’analyse ds risques. Il est important de comprendre ce que signifie le risque en général et le risque informationnel plus précisément. Il n’y a pas une seule définition du risque. Une recherche sur Google avec les mots risque ou risk propose plus de 500 000 000 résultats. Cependant, beaucoup de ce qui a été écrit sur le risque est basé sur des données anecdotiques et sur des études limitées à un aspect particulier. Dans cette section, nous présentons une définition contextuelle du risque appliqué à la sécurité de l’information qui nous permettra d’identifier les variables qui pourrons être utilisés pour la gestion du risque informationnel. Le risque est un construit social, il dépend de celui qui le perçoit, de la nature du risque et du domaine dans lequel on s’intéresse au risque. Le mot risque tire ses origines du terme italien (Moyen âge) risco signifiant rocher escarpé, écueil, utilisé par les premières compagnies d’assurance pour désigner le péril couru en mer, du latin resecum signifiant coupant et du mot arabe rizq. Le risque est souvent défini comme une combinaison de la probabilité d’occurrence d’un dommage et de sa gravité. Le risque réfère à des situations par lesquelles le décideur assigne des probabilités mathématiques aux événements aléatoires auxquels il fait face. Ceci même si cette assignation est subjective. Le risque est aussi défini comme une variation dans les résultats (outcomes) qui peuvent survenir sur une période déterminé dans une situation donnée. Dans le risque, il y a la notion de discontinuité souvent a associé avec les désastres et les résultats imprévu. Le risque exige que l’on reconnaisse son caractère de situation limite: la surprise, l’inconnu, l’ignorance, la mutation des configurations opératoires comme des jeux d‘acteurs sont des dimensions constitutives du problème. L’on distingue le risque objectif, lorsque la variation existe dans la nature et est la même pour tous les individus dans une situation identique, et du risque subjectif, lorsqu’il y a estimation du risque objectif par un individu. Quand on ne peut exprimer l’aléatoire par des probabilités, mêmes subjectives, on doit plutôt parler d’incertitude. Il est important de distinguer ces deux termes, risque et incertitude, car, bien qu’on puisse espérer gérer le risque, il est difficile de gérer l’incertitude. Le mot risque est généralement utilisé lorsqu’il existe au moins la possibilité de conséquences négatives, tel qu’une réduction de l’utilité attendue. S’il ne s’agit que de conséquences probables positives, on parlera plutôt de possibilités. La gestion de possibilités ne fera pas appel à des mesures de mitigation de risque, on accueillera favorablement le bénéfice inattendu ou inespéré. De même, si un résultat est inévitable on utilisera le terme certitude: la mort éventuelle de tout organisme vivant est une certitude. On pourra la retarder, mais pas l’éviter. Nul ne peut gérer la certitude, on peux s’y préparer et, dans les meilleurs cas, retarder l’inévitable. En risque informationnel, l’adjectif informationnel est relatif à l’information, et notamment à sa sélection, sa mise en forme, son transfert et son utilisation dans un contexte organisationnel.
Le risque informationnel est le risque, la possibilité de conséquences négatives ou de résultat (outcomes) indésirables, associé à la sélection, la mise en forme, le transfert et l’utilisation de l’information. Par exemple, la possibilité que de l’information transmise via un réseau de télécommunications soit indûment communiqué, modifié, détruite ou perdue, causant des pertes directe ou indirecte à l’organisation. Nous utilisons le triangle du risque comme cadre de référence du risque. Pour que le risque existe, trois composantes doivent co-exister pour un élément à risque donné (E) ayant une valeur pour l’organisation V(x), dans un temps (t) et un espace (s) donné:
- un aléa (A),
- une vulnérabilité (ψ) que l’aléa (A) pourra exploiter,
- un dommage (δ), aussi nommé impact, qui résultera de l’exploitation de la vulnérabilité (ψ) par l’aléa (A).
- Élément à risque (E): élément (actif, processus, système, etc.) ou ensemble d’éléments ayant une utilité attendue (μ) pendant une période de temps (Δt) dans un espace (s) donné. L’élément à risque (E) a une valeur intrinsèque (par exemple sa valeur de remplacement) et une utilité attendue (par exemple, sa contribution aux bénéfices de l’organisation).
- Aléa (A): événement réel, envisagé ou perçu, ou séquence d’événements résultant de l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) d’un élément à risque (E) pouvant causer un dommage (δ) pendant une période de temps (Δt) dans un espace (s) donné. L’aléa peut être causé par une menace (m).
- Vulnérabilité (ψ): fragilité (relative) d’un élément à risque (E) à un aléa (A)
- Résilience (θ): capacité d’un élément à risque (E) de passer au travers un aléa (A) en minimisant le dommage (δ), d’utiliser l’adversité comme catalyseur d’amélioration ou de tolérer une variabilité de l’utilité attendue (μ). Le niveau de maturité est lié à la résilience.
- Dommage : Impact réel, envisagé ou perçu. Réduction de l’utilité attendue (μ) d’un élément à risque (E) par un aléa (A)
- Temps (Δt) : intervale de temps défini à priori
- Espace (s) : espace délimité
- Utilité attendue (μ(x)): un gain, une amélioration d’une position ou un bénéfice espéré par un élément à risque (E) x, après une période de temps (Δt) défini à priori dans un espace (s) donné. L’utilité attendue est fonction de la valeur pour l’organisation V(x) de l’élément à risque x.
1.5 La gestion de risque
La formalisation de l’idée que le risque peut être géré peut être vue comme une conséquence à long terme de discussions qui ont faite suite au désastre naturel qui s’est produit à Lisbonne (Portugal) en 1755 combiné à la découverte, un peu au paravant, des probabilités par Blaise Pascal et à d’autres avancées en mathématiques d’abord et en sciences de la gestion ensuite. Le désastre de Lisbonne marque un point tournant de la vision d’acte divin, illustré par un poème de Voltaire, vers une approche rationnelle qui peut être soumise à un traitement scientifique. C’est la réponse de Rousseau qui sème le germe de gestion du risque:
“Serait-ce à dire que l’ordre du monde doit changer selon nos caprices, que la nature doit être soumise à nos lois, et que pour lui interdire un tremblement de terre en quelque lieu, nous n’avons qu’à y bâtir une ville?”
La gestion est la mise en œuvre de moyens humains et matériels d’une organisation pour atteindre des objectifs préalablement fixés. La croissance des bureaucraties professionnelles dans nos sociétés a transformé l’appareil administratif d’organisations en une puissante machine de gestion des organisations dont les opérations visent l’efficacité et la prévisibilité dans l’atteinte de ses objectifs. Dans une organisation du secteur privé, l’efficacité est mesuré avec des variables de nature pécuniaire ou mesurés en part de marché. Dans le cas d’un organisation du secteur public, l’efficacité peut être mesuré par une livraison efficiente de services à la population. Dans une organisation publique du secteur de la santé, telle qu’est existe au Québec, l’efficacité peut être mesurée par une amélioration de la qualité de vie, la réduction de la morbidité ou de la mortalité dans une population cible. Cette machine de gestion s’exprime par des actes visant une transformation du monde réel par le travail, la médiation ou l’instrumentation. La gestion du risque est nécessaire parce les organisations doivent identifier ce qui est prévisible afin d’assurer leur pérennité et identifier les actions susceptibles de produire des résultats qui réduisent son efficacité, qui vont à l’encontre de l’atteinte de ses objectifs ou qui produisent des résultats négatifs. L’organisation doit identifier les risques les plus significatifs pour elle. Ainsi, la gestion de risque est l’une des composantes d’une gestion prudente et diligente. C’est-à-dire que, sachant qu’il existe la possibilité qu’ils se produisent des aléas susceptible de réduire l’utilité attendue ou de nuire à l’atteinte efficace des objectifs, le gestionnaire, en tant qu’acteur individuel vertueux, doit tenir compte du risque. De plus, la bonne gouvernance d’une organisation, par exemple dans le cadre d’une norme de gouvernance tel que ISO3800, la conformité à des cadres de gestion, tel que COBIT ou ISO 27001, requiert la mise en oeuvre d’un programme de gestion de risque formalisé. Fondamentalement, la gestion du risque est accomplie par des activités d’identification (I) et d’évaluation des scénarios de risque (les combinaisons d’élément à risque, aléas et de vulnérabilités susceptible de causer des dommages), de la priorisation (P) de ces scénarios (en fonction de l’importance des dommages ou de la réduction de l’utilité attendue (μ) au delà de l’appétence au risque de l’organisation) et des actions de mobilisation (M) de ses ressources humaines et financières pour un traitement approprié du risque: le processus IPM qui sera traité plus en détails plus loin. Ces actions de mobilisation vont généralement prendre les formes suivantes:
- Ignorer le risque : l’organisation peut décider consciemment d’ignorer le risque.
- Éviter le risque : l’organisation pourra décider de ne pas poursuivre une opportunité car elle considère que le risque ne vaut pas la chandelle.
- Accepter le risque : l’organisation détermine que le risque associé à un scénario donnée est acceptable pour l’organisation compte tenu de ses contraintes, des ses objectifs d’affaires ou de sa résilience.
- Mitiger le risque par la mise en oeuvre de mécanismes de protection, de détection ou de réponse: par exemple par la mise en place d’un pare- feu, une organisation réduira la menace d’intrusion de son réseau informatique via l’Internet.
- Transférer le risque : une organisation pourrait décider de prendre une police d’assurance qui couvre un risque précis, une organisation pourrait aussi transférer le risque, contractuellement, à un tiers ou l’externaliser via d’autres mécanismes.
Les actions de mobilisation seront diverses et nombreuses en fonction des différents risques auxquels fait face l’organisation. L’ensemble des actions de mobilisation (Ω), pour une période de temps (Δt) défini à priori dans un espace (s) donné, formeront le portfolio de mesures (φ) composé des actions de mobilisation individuelles (Ωn). La gestion de risque est discuté avec plus de détails dans le chapitre suivant.
1.6 Exercice pratique
En équipe de deux (2) ou trois (3) étudiants, identifier un éléments à risque du patrimoine informationnel de l’organisation d’un des étudiants et deux aléas réels (des événements qui sont survenus dans le passé) qui ont compromis l’élément à risque choisi. Pour chaque aléa choisi répondre aux questions suivantes:
- Quel élément est à risque ?
- Quel est l’aléa ?
- Quelle est la vulnérabilité qui fut exploité ?
- Quels furent les dommages ?
- Quand et où s’est-il produit ?
1.7 Questions de révision
1.7.1) Indiquez si l’énoncé suivant est vrai (V) ou faux (F):
- _____ : La sécurité désigne l’absence de risque inacceptables.
- _____ : La sécurité est le contraire du risque.
- _____ : La sécurité est un concept gradué
- _____ : La sécurité est un concept absolu.
- _____ : Il existe un seuil métaphysique au-delà duquel nous entrons dans un état de sécurité.
- _____ : Il n’existe pas de seuil en deçà duquel on peut dire que la sécurité manque.
- _____ : La sécurité comporte ensuite une dimension proprement subjective.
- _____ : La sécurité ne varie pas en fonction des individus et des communautés.
- _____ : Le sentiment de sécurité est intimement lié à la prévisibilité.
- _____ : Le sentiment de sécurité n’exige pas que nous soyons à l’abri de tout risque inaceptable.
1.7.2) Apparier le bon terme avec la description qui lui convient le mieux:
-
A. certitude
-
B. incertitude
-
C. possibilités
-
D. risque
- _____ : Les conséquences probables sont négatives
- _____ : les conséquences probables sont impossible à déterminer
- _____ : Les conséquences probables sont positives
- _____ : Le résultat est inévitable
- _____ : Il y a réduction de l’utilité attendue
1.7.3) Indiquez si l’énoncé suivant est vrai (V) ou faux (F):
- _____ : Il y a une seule définition du risque.
- _____ : Les définition du risque sont basé sur des données anecdotiques
- _____ : La définition du risque permet d’identifier les variables à utiliser.
- _____ : Le risque n’est pas un construit social.
- _____ : Le risque dépend de celui qui le perçoit,
- _____ : Le risque dépend de la nature du risque et du domaine.
- _____ : Le mot risque tire ses origines du terme risco
- _____ : Le mot risque tire ses origines du latin resecum
- _____ : Le mot risque tire ses origines du mot arabe rizq.
- _____ : Le risque est une combinaison de la probabilité d’occurrence d’un dommage et de sa gravité.
- _____ : Le risque réfère à des situations par lesquelles le décideur assigne des probabilités mathématiques aux événements aléatoires.
- _____ : Le risque est une variation dans les résultats qui peuvent survenir sur une période déterminé dans une situation donnée.
- _____ : Dans le risque, il n’y a pas de notion de discontinuité.
- _____ : Le risque est subjectif lorsque la variation existe dans la nature et est la même pour tous les individus dans une situation identique.
- _____ : Le risque objectif lorsqu’il y a estimation du risque objectif par un individu.
1.7.4) Apparier le bon terme avec la description qui lui convient le mieux:
-
A. Aléa
-
B. Dommage
-
C. Élément à risque
-
D. Résilience
-
E. Utilité attendue
-
F. Vulnérabilité
- _____ : Bénéfice espéré par un élément à risque après une période de temps défini à priori dans un espace donné.
- _____ : Capacité d’un élément à risque de passer au travers un aléa en minimisant le dommage.
- _____ : Capacité d’un élément à risque d’utiliser l’adversité comme catalyseur d’amélioration.
- _____ : Capacité d’un élément à risque de tolérer une variabilité de l’utilité attendue.
- _____ : Élément (actif, processus, système, etc.) ou ensemble d’éléments ayant une utilité attendue (μ) pendant une période de temps (Δt) dans un espace (s) donné. L’élément à risque (E) a une valeur intrinsèque (par exemple sa valeur de remplacement) et une utilité attendue (par exemple, sa contribution aux bénéfices de l’organisation).
- _____ : Événement réel, envisagé ou perçu résultant de l’exploitation d’une vulnérabilité d’un élément à risque pouvant causer un dommage.
- _____ : Fragilité d’un élément à risque à un aléa.
- _____ : Impact réel, envisagé ou perçu.
- _____ : Réduction de l’utilité attendue d’un élément à risque par un aléa.
- _____ : Séquence d’événements résultant de l’exploitation d’une vulnérabilité d’un élément à risque pouvant causer un dommage.
- _____ : Un gain, une amélioration d’une position après une période de temps défini à priori dans un espace donné.
1.7.5) Apparier le bon terme avec la description qui lui convient le mieux:
-
A. Accepter
-
B. Éviter
-
C. Ignorer
-
D. Mitiger
-
E. Transférer
- _____ : L’organisation mets en oeuvre de mécanismes de protection anti-virus.
- _____ : L’organisation impartiti ses TI.
- _____ : L’organisation ne fait rien car elle ignore que le risque existe.
- _____ : L’organisation décide de ne pas poursuivre une opportunité.
- _____ : L’organisation mets en oeuvre de mécanismes de détection des intrusions.
- _____ : L’organisation détermine que le risque est acceptable et ne prends aucunes mesures particulières.
- _____ : L’organisation mets en oeuvre des mécanismes de réponse automatiques à des attaques à son réseau informatique via l’Internet.
- _____ : L’organisation mets en oeuvre de mécanismes de prise de copies de sauvegarde automatiques.
- _____ : L’organisation prends une assurance qui couvre les risques informationnels
- _____ : L’organisation passe à une architecture infonuagique (cloud computing).
1.8 Bibliographie
- Blakley, B., McDermott, E., Geer, D. (2001), Session 5: less is more: Information security is information risk management, Proceedings of the 2001 workshop on New security paradigms, September 2001
- Lagadec, P. (2003), Risques, Crises et Gouvernance: ruptures d’horizons, ruptures de paradigmes, Réalités Industrielles, Annales des Mines, numéro spécial: “Sciences et génie des activités à risques”, Mai 2003, pages 5-11
- Guide ISO 73, Management du risque — Vocabulaire, International Standards Organisation, 25 p.
- Stoneburner, G., Goguen, A., Feringa, A. (2002), Risk Management Guide for Information Technology Systems, Recommendations of the National Institute of Standards and Technology, Special Publication 800-30, NIST, July 2002, 55 p.
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Chapitre 2. Gestion du risque
Ce chapitre a pour objectif de développer une compréhension de haut niveau de la gestion du changement, de la résistance au changement, ainsi que des facteurs humains, culturels et organisationnels:
- La perception et le risque
- Le changement et le risque
- Principaux concepts de la gestion du risque
Tout individu est un expert du risque. Notre expertise individuelle est basée sur nos expériences quotidiennes et notre capacité à apprendre de ces expériences. Le risque est un phénomène naturel qui est présent partout et les individus y sont confrontés tout au long de leur vie. Chez les humains, les réflexes naturels de la peur et de l’anxiété, sont un indicateur de la présence d’un risque inopiné. Dans le cas de l’Homme c’est une question de survie qui a emmené le développement d’un sens naturel d’identification du risque, la peur. Cette habilité intrinsèque est inscrite dans son code génétique, développé et affiné de génération en génération par le principe de sélection naturelle depuis que le genre humain apparut. Pour une organisation, il n’y a pas de mécanismes naturels possible pour identifier la présence du risque, encore moins pour alerter l’organisation d’un danger ou prendre des actions défensives par rapport à une situation à risque, comme la peur engendre des réactions instinctives et des mécanismes de protection chez l’humain. L’organisation doit faire le choix de créer et de mettre en oeuvre ces mécanismes.
2.1 La perception et le risque
Fondamentalement, il y a deux approches qui sont utilisées pour obtenir des données qui peuvent être utilisés en gestion de risque: l’approche scientifique et l’approche non scientifique. L’approche scientifique permettra de quantifier le risque, en s’appuyant sur des principes scientifiques, des paradigmes analytiques et des données probantes qui peuvent provenir des données historique de l’organisation ou d’organisations similaires. L’approche scientifique s’intéressera à des aspects de scientificité des mesures, de rigueur méthodologique, de fidélité et de validité (interne et externe) qui seront présentés de façon plus détaillée au chapitre 7. L’approche scientifique s’opère dans un paradigme rationaliste. L’approche non scientifique se fondera sur l’expérience et l’intuition. Les partisans des deux approches ont leur propre notion de l’objectivité au sujet du risque. Il y a des similitudes dans la façon dont ils arrivent à leurs décisions: les deux feront appel au dialogue et à la comparaison avec leurs pairs, afin d’arriver à un accord entre eux ou par consensus sur ce qu’est ce qui est la réalité objective. Cependant, il existe des différences entre l’approche rationnelle scientifique et l’approche non scientifique. Cette différence est très apparente dans dans le traitement du risque, les actions de mobilisation et les décisions dans des situations à risque.
Par exemple, les chances de gagner à la loterie 6/49 au Québec sont mathématiquement très faibles, de l’ordre de 1/13 983 816. La décision rationelle serait de ne pas acheter de billet, minimisant la perte. Pourtant des millions de personnes chaque semaine achètent des billets dans l’espoir de devenir millionnaire.
En plus du choix de l’approche (scientifique ou non scientifique), la prise de décisions impliquant le risque subit l’influence de facteurs socio-culturels. Lorsqu’un individu estime la probabilité et la crédibilité qu’un aléa se produise, il est biaisé par des hypothèses sociales et culturelles. Selon le contexte social dans lequel les normes et les expériences connexes de l’individu ont été établis. Les notions de risque d’un individu diffèrent grandement de celles des autres: ses expériences, son éducation, ses croyances et d’autres facteurs culturels, au sens ethnologique du terme, créent des filtres à travers lesquels il voit le monde. Des variations perceptuelles sont introduites dues à l’appartenance à différents groupes socio-culturels. Les professionnels de la gestion des risques sont sujets aux mêmes influences que les membres de la société et des groupes dont ils sont issus. Pour toutes ces raisons, le risque est une construction culturelle. Cependant, ces facteurs socio-culturels ne sont qu’une part de l’équation. La propension aux risques, qui est une volonté des individus à prendre ou à éviter les risques, a un impact sur la construction du risque chez les individus et la prise de décisions impliquant le risque. Si un individu a une aversion au risque, c’est à dire s’il n’aime pas s’exposer aux risques, il sera plus probable qu’il sera plus pessimiste sur les résultats, il surestimera la réduction de l’utilité attendue (μ) et évitera de s’engager dans une action ou un projet nécessitant la prise de risque. Au contraire, l’individu qui a une propension au risque s’exposera au risque avec une vision plus optimiste des résultats attendus, il sous-estimera la réduction de l’utilité attendue (μ). La propension au risque d’un individu aura un influence sur sur la prise de décisions impliquant le risque. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’individu impliqué dans des décisions impliquant le risque. Nous avons mentionné précédemment que l’approche non scientifique se fonde sur l’expérience et l’intuition. Il est important de comprendre qu’il existe deux façons d’obtenir de l’information sur le monde qui nous entoure : directement perçu par les sens (e.g. on peut toucher, sentir ou voir) ou par intuition qui amène du contenu de l’inconscient au conscient (e.g la mémoire de connaissances acquises). La psychologie cognitive enseigne que cette information, bien qu’elle soit exacte du point de vue de l’individu comme acteur particulier, est sujette à nombre de biais, entre autres :
- Les paralogismes (erreurs de raisonnement) formels et informels
- La dissonance cognitive
- Les heuristiques de jugement
- Les limites de la vigilance
Un autre facteur qui aura une influence est le langage utilisé pour communiquer sur les risques. Le choix de langage a un effet sur la perception du risque des individus, plus précisément sur la manière dont les individus évaluent de façon asymétrique leurs perspectives de perte (réduction de l’utilité attendue) et de gain (augmentation de l’utilité attendue). Comme l’explique le théorie des perspectives (Prospect Theory), le cadrage du problème, la façon dont il est présenté et la mise en situation sont tous des éléments qui influent la construction du risque, la prise de décision et les résultats. Le point de référence adopté par les individus afin d’estimer les situations à risque affecte la prise de risque. Le résultats de ces éléments, le choix de l’approche, les aspects culturels, la propension aux risques, et le choix de langage, auront un impact sur le comportement des individus dont il résultera une sous-estimation ou une surévaluation de la probabilité de réalisation d’aléas, des dommages et de la vulnérabilité d’un élément à risque à ceux-ci. L’estimation subjective, non scientifique, passe par le prisme des individus. Elle peut ne pas se conformer aux besoins des organisations en matière de gestion du risque. Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes correcteurs pour limiter l’effet de la subjectivité inhérente aux approches non scientifiques et aux biais qui l’accompagne. Mieux encore, les organisations devraient opter pour une approche scientifique de gestion des risques.
2.2 Le changement et le risque
L’histoire des civilisation est celle d’une continuité de changements. Le changement continuel est normal. Ce qui est anormal est de tenter de contrôler et restreindre le changement, ce que de nombreuses organisations tentent de faire, généralement en lien avec des cycles budgétaires ou des stratégies d’affaires. Puisque la mobilisation de ressources humaines et financières pour un traitement approprié du risque est une source de changement et qu’elle est une des composantes de la gestion de risque, il est essentiel d’aborder les principaux concepts du changement avant d’aborder en plus de détails la gestion de risque. Une compréhension des enjeux de la gestion du changement augmentera le succès des efforts de gestion de risque. es changements dans un système suivent des processus d’acculturation et d’assimilation. Ces migrations culturelles se font par diffusion inter-culturelle. Dans le processus de changement et d’adaptation, des dysfonctions entre les structures et les valeurs culturelles et symboliques de l’organisation apparaîtrons. Chacune des composantes de l’organisation (individus, stratégies, processus, systèmes, etc.) sont soumise à des pressions auxquelles elles réagiront par des mécanismes différents d’adaptation et d’intégration. Il en résultera un état de tension, de dissonance ou de désynchronisation organisationnelle. Il est nécessaire de prévoir des processus de gestion du changement que l’organisation pourra mettre en oeuvre lorsque se développe ces désynchronisations, c’est-à-dire dans les moments d’acculturation et d’assimilation. Ces moments peuvent causer le rejet de la nouvelle façon de faire ce qui, dans notre contexte de gestion de risque, réduira l’efficacité des actions de traitement adéquat du risque. Lorsque des changements sont perçus, les membres de l’organisation tentent de s’y adapter en modifiant le système sociostructurel. Souvent, ces changements au système sociostructurel n’ont pas de sens, ni de légitimité, dans le système culturel. Il en résulte une dissonance et une désynchronisation entre les deux systèmes (sociostructurel et culturel). Les conséquences de cette tension peuvent être plus ou moins graves, allant d’une perte d’efficacité à la faillite complète du projet ou même de l’organisation. La gestion du changement cherchera à ajuster ces systèmes pour faciliter la réussite du changement proposé. Pour cela, il devient important de connaître les cinq phases du changement afin de les reconnaître sur le terrain et de mettre en oeuvre à priori des mesures, des méthodes ou des processus de gestion afin de limiter ou de contrôler leur impacts sur l’organisation. Le processus de changement s’opère en cinq (5) phases:
- Le refus de comprendre (ou déni)
- La résistance au changement
- La décompensation
- La résignation
- L’intégration
La première phase est le refus de comprendre. Lorsqu’un changement qui ne correspond pas aux aspirations d’un individu est annoncé, la première phase observable est celle du refus de comprendre, aussi appelé déni. Dans un premier temps, l’individu ne comprend pas ce qu’on lui dit. II s’agit là quasiment d’un réflexe. La relation affective de l’individu avec ce que l’on est qu’on est en train de changer conditionne l’ampleur et la durée de cette phase. À cette phase, celui qui introduit le changement est tenté d’établir un lien entre le refus de comprendre et l’intelligence de son interlocuteur, ce qui aggrave la situation. La phase de refus de comprendre peut être brève. Cependant, dans le cas de changements majeurs, elle peut prendre des proportions considérables. La seconde phase est la résistance au changement. Entre la moitié et le trois-quart des projets de changement organisationnels échouent à la phase de résistance au changement. Malgré cela, cette phase est souvent minimisé dans la planification des projets de nature technologique. La résistance au changement est souvent un frein majeur dans la mise en oeuvre de nouveaux moyens de gestion et dans de nombreux projets de gestion de la qualité, qui ont des similitudes avec les de gestion de risque. Dans un contexte organisationnel, la résistance au changement est généralement perçue comme un frein au progrès, surtout du point de vue de ceux qui initient le changement. Assimilée à une vision passéiste, anti-progressiste et excessivement conformiste voire réactionnaire, elle est pourtant naturelle, innée, et elle peut même être utile et nécessaire. L’utilité de la résistance au changement repose sur quatre éléments :
- D’un point de vue psychologique, la résistance nous permet de réaliser le changement. En verbalisant nos arguments, nous pouvons exorciser le sentiment de frustration qui nous étreint. En fait, la résistance nous permet d’évacuer notre stress, d’objectiver notre réalité et celle qui nous est imposée.
- D’un point de vue opérationnel, tout changement annoncé n’est pas nécessairement le meilleur possible. Tout changement annoncé peut, le plus souvent, être amélioré dans la forme et sur le fond. Le cas échéant, la résistance à travers l’argumentation permet d’améliorer le changement ou d’en montrer les limites.
- D’un point de vue éthique, certains changements tentent de se faire au mépris des valeurs ou des croyances d’un individu ou d’un groupe. La résistance permettra de faire échec à ces changements. Elle est une protection contre l’abusif, l’arbitraire, l’inconséquence et l’irresponsabilité.
- D’un point de vue humain, elle permet de réguler les risques d’abus de pouvoir.
La résistance se manifeste principalement sous quatre formes :
- L’inertie,
- l’argumentation,
- la révolte et
- le sabotage.
Ces quatre expressions alternent au cours de la phase de résistance. Le choix de la forme de résistance est dicté autant par l’individu que par l’environnement. Les résistances ne comportent bien sûr pas toutes l’ensemble des expressions. L’argumentation, néanmoins, est toujours présente.
La troisième phase est la décompensation. Elle se caractérise par l’abandon de la résistance sous toutes ses formes. Lorsque la résistance contre un changement en contradiction avec les aspirations est sans effet, les individus décompensent: ils se sentent las, incompris ou non reconnus. Plus la résistance fut forte, plus la décompensation est grande, à la mesure de l’impact affectif du changement et de som importance. Elle présente les symptômes de la dépression : fatigue, idées noires, tristesse, etc. La décompensation s’opère par rapport aux repères internes. Plus l’individu et sentimental et émotif, plus la décompensation est évidente. Au contraire, plus il est réfléchi, moins elle est observable. La décompensation peut durer quelques minutes ou plusieurs années. Les deux facteurs-clés de la durée et de l’intensité de la décompensation sont d’une part la distance affective par rapport à l’objet du changement, et d’autre part le niveau de stress lié à l’accumulation des changements.
La quatrième phase est la résignation. La résignation est souvent la phase la plus longue dans un processus individuel de changement, car elle correspond à l’acceptation du changement proposé. Lorsque l’individu entre dans cette phase, il fait contre mauvaise fortune bon coeur. S’il accepte le changement, il ne pourra se défendre contre la nostalgie du passé et de l’ancienne réalité, partagés entre le désir d’échapper au stress lié au changement et l’instinct de conservation de son identité. Dans cette phase, l’individu rationalise son acceptation du changement. L’enthousiasme et la satisfaction ne sont pas encore à l’ordre du jour. Il aura des bouffées de tristesse qui alimentent sa nostalgie. Cette nostalgie est le meilleur indice de la résignation au présent. La résignation permet d’achever le travail de deuil lors d’un changement individuel. La résignation cède finalement la place à l’intégration, parfois graduellement, parfois brutalement.
La cinquième et dernière phase est l’intégration. L’intégration d’un changement, c’est son acceptation totale dans la réalité présente et virtuelle. Distinguons deux niveaux d’intégration : l’intégration conceptuelle et l’intégration comportementale. L’intégration du changement s’accompagne le plus souvent d’un enthousiasme recouvré, d’une énergie positive tournée vers l’action, d’un sentiment de bien-être, voire de sérénité. La nostalgie du passé tend à disparaître, le deuil est fait et le processus de changement est complété avec succès.
2.3 Principaux concepts de la gestion du risque
Tel que mentionné au chapitre 1, la gestion du risque est accomplie par un processus IPM:
- I: identification et d’évaluation des scénarios de risque (les combinaisons d’élément à risque, aléas et de vulnérabilités susceptible de causer des dommages),
- P: priorisation des scénarios,
- M: mobilisation de ses ressources humaines et financières pour un traitement approprié du risque.
L’identification (I) et la priorisation (P) sont des processus d’analyse de risque. Nous devons d’abord comprendre ce qu’est un scénario de risque. Nous avons mentionné, au chapitre précédent que, pour que le risque existe, trois composantes doivent co-exister pour un élément à risque donné (E), dans un temps (t) et un espace (s) donné:
- l’élément à risque (E),
- l’aléa (A) et
- la vulnérabilité (ψ).
Nous définissons donc un scénario de risque comme la description de l’aléa (A) et des événements ou séquences d’événements, des actions, des décisions et des facteurs connexes qui ont rendu possible l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) dont le résultat est un dommage (δ), c’est à dire la réduction de l’utilité attendue (μ), d’un élément à risque (E). Dit plus simplement, c’est l’histoire de ce qui est arrivé, ou des causes, d’un incident envisagé. Nous utiliserons le symbole Ζn(A,ψ,δ) pour identifier les scénarios de risque, ou n est un numéro identifiant le scénario.Dans la phase d’identification et d’évaluation des scénarios de risque (les combinaisons d’élément à risque, aléas et de vulnérabilités susceptible de causer des dommages):
- Identifier ou concevoir les scénarios à envisager dans l’analyse de risque
- Prévoir les conséquences, les dommages et les réduction de l’utilité attendue, possibles de chaque scénario envisagé et évaluer, objectivement et subjectivement, leur possibilité de se réaliser.
Dans la phase de priorisation des scénarios:
- Identifier les variables susceptibles d’influencer l’utilité attendue et ajuster en fonction des contextes,
- Évaluer les probabilités à assigner aux contextes retenus
- Appliquer une stratégie décisionnelle.
Les stratégies décisionnelles sur le risque possibles sont :
- N’admettre que les scénarios non dominées: dans une décision régie par le principe d’admissibilité, ne sont admissibles que les scénarios qui ne sont pas dominés par d’autres. On dit qu’un scénario n’est pas dominé par un autre scénario si l’utilité attendue de ce dernier est supérieure dans un contexte au moins et inférieurse dans aucuns.
- Maximaliser l’utilité attendue minimum: on considère l’utilité attendue la moins avantageuse de chaque scénario et on sélectionne le scénario qui présente le minimum le moins bas. C’est un façon de mettre les choses au pire et de limiter les dégâts.
- Maximaliser l’utilité attendue moyenne: on considère l’utilité attendue moyenne de chaque scénario et on choisit l’utilité moyenne la plus élevée.
- Maximaliser l’utilité attendue dans le contexte le plus probable: le décideur fait l’hypothèse qu’il se trouve dans le contexte le plus probable et choisi le scénario qui offre l’utilité la plus grande dans ce cas.
- Maximaliser l’utilité attendue: Cette stratégie consiste à prendre pour chaque scénario l’utilité attendue moyenne et à choisir le scénario offrant la plus grande utilité attendue.
- Minimiser le regret maximum: Pour chaque scénario on identifie le regret maximum et on choisi le scénario qui représente le regret maximum le plus bas. C’est la logique de « si j’avais su, qu’aurais-je dû faire ». Un regret peut se manifester ex post dans la mesure où la décision adoptée ne s’avère pas forcément la meilleure dans le contexte où je me trouve finalement
- Ignorer le risque : l’organisation peut décider consciemment d’ignorer le risque.
- Éviter le risque : l’organisation pourra décider de ne pas poursuivre une opportunité car elle considère que le risque ne vaut pas la chandelle.
- Accepter le risque : l’organisation détermine que le risque associé à une situation donnée est acceptable pour l’organisation compte tenu de ses contraintes, des ses objectifs d’affaires ou de sa résilience.
- Mitiger le risque : par la mise en oeuvre de mécanismes de protection, de détection ou de réponse, par exemple par la mise en place d’un pare-feu, une organisation réduira la menace d’intrusion de son réseau informatique via l’Internet.
- Transférer le risque : une organisation pourrait décider de prendre une police d’assurance qui couvre un risque précis, une organisation pourrait aussi transférer le risque, contractuellement, à un tiers ou l’externaliser via d’autres mécanismes.
2.4 Exercice pratique
Création de scénarios de risque (10) en utilisant le formulaire disponible en ligne.
2.5 Questions de révision
2.5.1) Indiquez si l’énoncé suivant est vrai (V) ou faux (F) ?
- _____ : L’expertise individuelle du risque est basée sur nos expériences quotidiennes.
- _____ : L’expertise individuelle du risque est basée sur notre incapacité à apprendre de nos expériences.
- _____ : Dans les organisations, les réflexes naturels de la peur et de l’anxiété, sont un indicateur de la présence d’un risque inopiné.
- _____ : Dans le cas de l’Homme c’est une question de survie qui a emmené le développement d’un sens naturel d’identification du risque, la peur.
- _____ : Pour une organisation, il n’y a pas de mécanismes naturels possible pour identifier la présence du risque ou d’un danger.
2.5.2) Indiques si l’énoncé proposé s’applique à l’approche scientifique (S) , à l’approche non scientifique (N) ou aux deux (2) approches de gestion de risque.
- _____ : S’opère dans un paradigme rationaliste.
- _____ : Permet de quantifier le risque en s’appuyant sur des paradigmes analytiques.
- _____ : Se fonde sur l’expérience et l’intuition.
- _____ : Permettra de quantifier le risque en s’appuyant sur des données probantes.
- _____ : Fait appel au dialogue et à la comparaison avec les pairs.
- _____ : Permet de quantifier le risque en s’appuyant sur des données historique.
- _____ : S’intéresse à des aspects de scientificité des mesures.
- _____ : S’intéresse à des aspects de rigueur méthodologique.
- _____ : S’intéresse à des aspects de fidélité et de validité (interne et externe).
- _____ : Recherche le consensus sur ce qu’est ce qui est la réalité objective.
2.5.3) Apparier le bon terme avec la description qui lui convient le mieux:
-
A. Décompensation
-
B. Intégration
-
C. Refus de comprendre
-
D. Résignation
-
E. Résistance au changement
- _____ : C’est la première phase du changement.
- _____ : C’est la seconde phase du changement.
- _____ : C’est la troisième phase du changement.
- _____ : Cette phase est la quatrième phase du changement.
- _____ : Cette phase est la cinquième phase du changement.
- _____ : Cette phase présente les symptômes de la dépression : fatigue, idées noires, tristesse, etc.
- _____ : Se produit lorsqu’un changement qui ne correspond pas aux aspirations d’un individu est annoncé.
- _____ : Cette phase permet d’achever le travail de deuil lors d’un changement individuel.
- _____ : Entre la moitié et le trois-quart des projets de changement organisationnels échouent à cette phase.
- _____ : Cette phase est la dernière phase du changement.
- _____ : Dans un contexte organisationnel, cette phase est généralement perçue comme un frein au progrès, surtout du point de vue de ceux qui initient le changement.
- _____ : Cette phase est naturelle, innée et peut même être utile et nécessaire.
- _____ : Cette phase se produit lorsque la résistance contre un changement en contradiction avec les aspirations est sans effet
- _____ : Lors de cette phase les individus se sentent las, incompris ou non reconnus.
- _____ : Plus la résistance fut forte, plus cette phase est grande, à la mesure de l’impact affectif du changement et de som importance.
- _____ : Plus l’individu et sentimental et émotif, plus cette phase est évidente. Au contraire, plus il est réfléchi, moins elle est observable.
- _____ : Cette phase peut durer quelques minutes ou plusieurs années. Les deux facteurs-clés de la durée et de l’intensité de cette phase sont d’une part la distance affective par rapport à l’objet du changement, et d’autre part le niveau de stress lié à l’accumulation des changements.
- _____ : Cette phase est souvent la phase la plus longue dans un processus individuel de changement, car elle correspond à l’acceptation du changement proposé.
- _____ : Lorsque l’individu entre dans cette phase, il fait contre mauvaise fortune bon coeur.
- _____ : Dans cette phase, l’individu rationalise son acceptation du changement.
- _____ : Cette phase cède finalement la place à l’intégration, parfois graduellement, parfois brutalement.
- _____ : Cette phase est l’acceptation du changement dans la réalité présente et virtuelle.
- _____ : Cette phase est souvent minimisé dans la planification des projets de nature technologique.
- _____ : Cette phase s’accompagne le plus souvent d’un enthousiasme recouvré, d’une énergie positive tournée vers l’action, d’un sentiment de bien-être, voire de sérénité.
- _____ : Cette phase est aussi appelé la phase de déni.
2.5.4) Mettre la stratégie avec la définition qui lui corresponds le mieux:
-
A. Minimiser le regret maximum
-
B. Maximaliser l’utilité attendue minimum
-
C. Maximaliser l’utilité attendue
-
D. Maximaliser l’utilité attendue moyenne
-
E. Maximaliser l’utilité attendue dans le contexte le plus probable
-
F. N’admettre que les scénarios non dominées
- _____ : Ne sont admissibles que les scénarios qui ne sont pas dominés par d’autres.
- _____ : L’on considère l’utilité attendue moyenne de chaque scénario et on choisit l’utilité moyenne la plus élevée.
- _____ : Le décideur fait l’hypothèse qu’il se trouve dans le contexte le plus probable et choisi le scénario qui offre l’utilité la plus grande dans ce cas.
- _____ : Consiste à prendre pour chaque scénario l’utilité attendue moyenne et à choisir le scénario offrant la plus grande utilité attendue.
- _____ : Pour chaque scénario on identifie le regret maximum et on choisi le scénario qui représente le regret maximum le plus bas.
2.6 Bibliographie
- Beucher, S., Reghezza, M., (2004) Les risques (CAPES Agrégation), Bréal
- Carton, G-D. (2004) Éloge du changement : méthodes et outils pour réussir un changement individuel et professionnel, 2 édition, ÉditionsVillage Mondial, Paris
- Costermans, J. (1998) Les activités cognitives, raisonnement, décision et résolution de problèmes, édition DeBoeck Université, France
- Douglas, M., Wildavsky, A. (1984), Risk and Culture, cité dans Beucher et Reghezza (2004)
- Kahneman, D., Tversky, A. (1979) Prospect theory: An analysis of decision under risk, Econometrica, 47, 263-291.
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Chapitre 3. Les menaces
Habiliter les étudiants à participer aux activités d’identification des menaces.
- Qu’est-ce que l’identification des menaces?
- Toponymie des menaces informatiques;
- Cybercriminalité
3.1 L’identification des menaces
Tel que mentionné au chapitre 1, la gestion du risque est accomplie par un processus IPM dont le premier élément, I, correspond à l’identification et l’évaluation des scénarios de risque. Nous avons mentionné que le risque existe lorsque trois composantes co-existent pour un élément à risque donné (E), dans un temps (t) et un espace (s) donné:
- l’élément à risque (E) lui même,
- l’aléa (A) et
- la vulnérabilité (ψ).
Nous avons défini un scénario de risque comme la description de l’aléa (A) et des événements ou séquences d’événements, des actions, des décisions et des facteurs connexes qui ont rendu possible l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) dont le résultat est un dommage (δ). L’aléa pouvant être causé par une menace, il est important de comprendre l’identification des menaces. Il faut cependant préciser que la menace unique n’est pas nécessairement la cause d’un aléa, l’aléa peut aussi être causé par un ensemble de facteurs ou par une séquence d’événements qui incluent une menace. Dans la création de scénarios de risque, ce sont les participants au processus de création des scénarios dans l’organisation qui devraient identifier les menaces qui seront envisagées. Les aléas envisagés serviront à identifier les scénarios envisagés dans l’analyse de risque, à prévoir les dommages possibles de chaque scénario envisagé et à évaluer leur possibilité de se réaliser.
Le processus d’identification des menaces peut s’appuyer sur plusieurs sources, selon que l’approche de gestion de risque est scientifique ou non-scientifique. Dans une approche scientifique, la tenue d’un registre des incidents est une des principales sources d’information pour le processus d’identification des menaces. Comme l’approche non scientifique se fonde sur l’expérience et l’intuition, elle fera appel à des sources telles que:
- L’historique récente de l’organisation,
- Des menaces qui ont créé des aléas dans des organisations similaires,
- L’expérience des participants,
- Les tendances de l’industrie,
- Des sources trouvées sur internet, tels que des bases de données, des associations professionnelles ou des articles.
Sans surprises, cette approche hautement subjective sera fortement teinté par les biais de ceux qui font le travail. Afin d’encadrer la subjectivité, une liste de départ, formée de menaces génériques et d’une système de catégorisation des menaces dans le contexte de la gestion du risque informationnel est présenté. Cette liste devrait être enrichi par une revue de littérature, des recherches en ligne et la création de scénarios de risque avec les parties prenantes de l’organisation. Elle sera finalement validée auprès de participants dans l’organisation.
3.2 Catégories de menaces informationelles
Nous proposons une liste des menaces comme point de départ aux discussions. Dans cette liste, les menaces ont été classées en deux catégories principales :
- les menaces pouvant causer des dommages matériels;
- les menaces causant des dommages immatériels.
Les menaces pouvant causer des Dommages matériels
La catégorie des dommages matériels comprend les dommages matériels ou physiques aux divers éléments des systèmes d’information d’une organisation. Ces atteintes ne représentent qu’un faible pourcentage des sinistres informatiques. Les pertes associées à ces dommages sont évaluées en fonction de la valeur de remplacement. De façon générale, ces menaces peuvent causer la modification ou la destruction non autorisée, volontaire ou accidentelle des données, ressources informationnelles, actifs informationnels ou systèmes d’information d’une organisation.
Phénomènes accidentels
Les phénomènes accidentels identifient les évènements causés par l’environnement technique des systèmes d’information. Ceux-ci incluent des évènements naturels dont les conséquences sont aisément identifiables. Nous proposons ceux-ci :
|
Menace |
Exemples de dommages |
| Bris accidentels |
|
| Panne accidentelle |
|
| Accident périphérique (déraillement de train, chute d’aéronef, naufrage) |
|
| Accident industriel |
|
| Incendie |
|
| Inondation |
|
| Panne de courant |
|
| Pointes de courant |
|
| Champs électromagnétiques |
|
| Désastre environnemental |
|
| Dommages collatéraux (guerre) |
|
Vandalisme
Le vandalisme identifie des situations par lesquelles une ou plusieurs personnes détruisent sciemment ou subtilisent un système d’information. Parmi les différentes catégories de menaces associées au vandalisme, nous proposons celles-ci :
| Menace |
Exemples de dommages |
| Vol |
|
| Incendie |
|
| Sabotage |
|
| Guerre |
|
| Activisme ou cyber-activisme |
|
| Terrorisme |
|
LES MENACES POUVANT CAUSER DES dommages immatériels
La catégorie des dommages immatériels comprend des menaces qui, si elles survenaient, pourraient causer des dommages aux données, programmes, logiciels contenus dans un système d’information. Ces atteintes représentent le plus grand nombre des sinistres informatiques. L’évaluation des pertes associées à des dommages immatériels est difficile à évaluer. De façon générale, ces menaces pourraient causer la divulgation, le transfert, la modification ou la destruction non autorisée, volontaire ou accidentelle de données ou d’actifs informationnels de l’organisation.
Erreur
L’erreur est l’acte involontaire d’un membre de l’organisation ou d’un utilisateur légitime d’un système d’information à la suite d’une mauvaise manipulation. Il en résulte des dommages immatériels comme la perte d’un fichier, la mauvaise exécution d’un programme ou l’exécution d’une commande destructrice. Ces phénomènes peuvent aboutir à des pertes très importantes pour l’organisation. Nous proposons celles-ci :
| Menace |
Exemples de dommages |
| Erreur de manipulation |
|
| Erreur dans l’entrée des données |
|
| Erreur de programmation |
|
| Erreur de configuration |
|
| Erreur de gestion de la capacité |
|
| Vulnérabilité universelle |
|
La fraude
La fraude représente une partie importante des sinistres informatiques. Il s’agit le plus souvent de virements bancaires frauduleux ou du vol de fichiers contenant des numéros de cartes de crédits. Ces actes peuvent être l’œuvre de tiers mais sont souvent le fait de membres d’une organisation. Nous proposons ceux-ci :
| Menace |
Exemples de dommages |
| Virement frauduleux |
|
| Détournement de biens |
|
| Espionnage industriel |
|
| Vol d’identité |
|
| Erreur volontaire dans l’entrée des données |
|
| Erreur volontaire de programmation |
|
3.3 Cybercriminalité
Les, cybercrimes, des infractions commises au moyen d’un ordinateur. Selon les données du ministère de la Sécurité publique, compilées à partir des statistiques annuelles des enquêtes menées par les différents corps de police de la province.ont connu une hausse vertigineuse de 70 % au Québec, en 2010. Le Ministère dénombre pas moins de 1270 crimes comportant l’utilisation d’un ordinateur ou d’Internet, en 2010, soit 520 de plus que l’année précédente. Les données indiquent des hausses marquées des enquêtes sur des cas de fraudes électroniques, de possession ou de distribution de pornographie juvénile et de leurre d’un mineur à des fins d’ordre sexuel. Il s’agit d’une réalité à contre-courant de la baisse globale de 4,8 % du nombre de crimes (370 052) perpétrés au total, au Québec, durant 2010, par rapport à 2009. Nous avons donc apporté une attention particulière à cette catégorie de menace. Nous avons regroupé sous le nom de cybercrimes les fraudes informatiques réalisées par l’intermédiaire des systèmes d’informations ou de réseaux de télécommunications, tel que le réseau Internet. C’est l’intrusion illégale d’un tiers à l’intérieur d’un système d’information, d’une base de données afin de les manipuler, les altérer ou en tirer profit. Nous proposons ceux-ci :
| Menace | Exemples de dommages |
| Écoute (Keylogging) |
|
| Écoute réseau (Sniffer) |
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| Virus |
|
| Vers |
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| Cheval de Troie |
|
| Hackers |
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| Attaques ciblées immédiates |
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| Attaques ciblée retardées |
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| Attaques ciblées distribuées |
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| Prise de contrôle |
|
| Cyber squattage |
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| Cyber sabotage |
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| Cyber activisme |
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| Cyber terrorisme |
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Hackers
Nous identifions comme hackers des individus qui se considèrent ou font partie d’une catégorie d’individus qui sont impliqués, sciemment ou non, dans des activités de cyber crimes en tant que membre de cette communauté virtuelle. L’appartenance à ce groupe et l’acceptation par groupe de ses membres amène les membres à commettre des actes d’intrusion dans des systèmes d’information et d’en divulguer les méthodes et les résultats avec les autres membres du groupe. Ils ont leur propre périodiques (notamment 2600 et Phrack), leurs conférences, leurs codes secrets et leurs stars, comme Kevin Mitnick. Plusieurs études nous donnent les principales caractéristiques de ces groupes de Hackers :
- Les membres ont un haut niveau de compétence informatique;
- Un désir de secret et d’anonymat;
- Un besoin de se valoriser dans le groupe en divulguant leurs exploits;
- Ce sont des groupes aux frontières et au membership fluide;
- Dominés par les hommes de race caucasienne, célibataires, âgés entre 12 et 30 ans et ayant terminé leurs études secondaires;
- Ils ont un ensemble de valeurs et de motivations similaires.
Nous classons les membres de ces groupes sur une échelle de cinq niveaux, représentés dans le tableau ci-dessous :
| Niveau | caractéristiques |
| Novice | C’est le hacker le moins expérimenté. Ses activités se limitent à de petits méfaits. |
| Étudiant | Il s’agit d’étudiants qui trouvent leurs travaux scolaires ennuyeux. Ils explorent les ordinateurs au lieu de faire leurs travaux. |
| Touriste | Le touriste recherche l’aventure. |
| Crasher | Le crasher est un destructeur intentionnel. |
| Criminel | Les criminels sont les plus rares, ce sont ceux qui profitent de leurs activités. |
Les hackers sont regroupés en divers sous-groupes selon des centres d’intérêts, les crackers (piratage de logiciels), les phreakers (appels téléphoniques), les whitehats (experts en sécurité informatique) et plusieurs autres.
3.4 Exercice
Premièrement, identifiez les sources d’information que vous pouvez utiliser pour créer une liste de menaces pour votre organisation. Ensuite, à partir des sources que vous avez identifiées, élaborez une liste de menaces qui devraient être considérés dans le cadre de l’élaboration de scénarios de risques.
3.5 Questions de révision
3.5.1) Complétez les phrases avec les termes qui convient le mieux :
- A. aléa
- B. dommage
- C. élément à risque
- D. menace
- E. risque
- F. scénario de risque
- G.séquence d’événements
- H. vulnérabilité
- I: impact
- __________ existe lorsqu’un aléa et une vulnérabilité co-existent pour __________ donné, dans un temps et un espace donné.
- Un __________ est défini comme la description de __________ et des événements ou séquences d’événements, des actions, des décisions et des facteurs connexes qui ont rendu possible l’exploitation de __________ dont le résultat est __________.
- L’aléa peut être causé par __________
- __________ unique n’est pas nécessairement la cause d’un aléa, l’aléa peut aussi être causé par un ensemble de facteurs ou par __________ qui incluent __________.
- M. les menaces pouvant causer des dommages matériels;
- I. les menaces causant des dommages immatériels.
- ___: Accident industriel
- ___: Activisme
- ___: Bris accidentels
- ___: Cheval de Troie
- ___: Cyber sabotage
- ___: Dommages collatéraux (guerre)
- ___: Erreur
- ___: Erreur de programmation
- ___: Espionnage industriel
- ___: Incendie
- ___: Panne de courant
- ___: Prise de contrôle
- ___: Vandalisme
- ___: Virus
- ___: Écoute réseau (Sniffer)
- A. Accès non autorisé aux données
- B. Atteinte à la réputation de l’organisation
- C. Blessures ou Pertes de vie humaines
- D. Copies de données
- E. Dépôt ou transfert de fonds
- F. Destruction de données
- G. Destruction de la salle informatique
- H. Détournement de biens
- I. Devient une plate-forme de lancement pour de nouvelles attaques
- J. Divulgation de données ou d’informations
- K. Divulgation d’informations sur l’infrastructure
- L. Dommages ou destruction physique des systèmes d’informations et des infrastructures
- M. Dommages ou destruction physique d’infrastructures critiques
- N. Données erronées
- O. Indisponibilité du système d’information
- P. Indisponibilité de données
- Q. Modification des données
- R. Perte économique
- S. Ralentissement des traitements
- ___ ___: Accident périphérique
- ___ ___: Attaques ciblées distribuées
- ___ ___: Champs électromagnétiques
- ___ ___: Cyber-activisme
- ___ ___: Désastre environnemental
- ___ ___: Déraillement de train
- ___ ___: Erreur de manipulation
- ___ ___: Erreur volontaire dans l’entrée des données
- ___ ___: Fraude
- ___ ___: Panne accidentelle
- ___ ___: Pointes de courant
- ___ ___: Terrorisme
- ___ ___: Virement frauduleux
- ___ ___: Vol d’identité
- ___ ___: Hackers
- Activisme
- Espionnage industriel
- Panne de courant
- Vandalisme
- Virus
3.6 Bibliographie
- Denning, D. (2000) Cyberterrorism, Global Dialogue, Autumn, Aout 2000
- Denning, D. (2000) Hacktivism: An Emerging Threat to Diplomacy, Foreign Service Journal, September 2000.
- Jordan, T. (1998) A sociology of hackers, The sociological review, pp. 757-780
- Smith, A., Rupp W. (2002), Issues in cybersecurity; understanding the potential risks associated with hackers/crackers, Journal of Information Management & Computer Security, Volume 10 Number 4, Pages 178-183
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Chapitre 4. Identification des vulnérabilités
Dans ce chapitre:
- Qu’est-ce que l’identification des vulnérabilités?
- Catégorisation des vulnérabilités
- Les NVAS
4.1 L’identification des vulnérabilités
Tel que mentionné, la gestion du risque est accomplie par un processus IPM dont le premier élément, I, correspond à l’identification et l’évaluation des scénarios de risque. Nous avons mentionné que le risque existe lorsque trois composantes co-existent pour un élément à risque donné (E), dans un temps (t) et un espace (s) donné:
- l’élément à risque (E) lui même,
- l’aléa (A) et
- la vulnérabilité (ψ).
Nous avons défini un scénario de risque comme la description de l’aléa (A) et des événements ou séquences d’événements, des actions, des décisions et des facteurs connexes qui ont rendu possible l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) dont le résultat est un dommage (δ). Tel que mentionné, pour que le risque existe les trois éléments, l’aléa, la vulnérabilité et le dommage doivent co-exister. Au chapitre précédent, nous avons présenté les menaces, dans ce chapitre nous présentons les vulnérabilités.
Une vulnérabilité est un état dans un système d’information qui, s’il était exploité, permet :
- de divulguer des données (atteinte à la confidentialité);
- de modifier des données (atteinte à l’intégrité);
- de nuire à la disponibilité des données;
- de répudier des transactions;
- de falsifier l’authentification des utilisateurs ou de l’origine des données; et
- d’éviter le contrôle des accès.
Une vulnérabilité technologique est une vulnérabilité dont l’origine ou la nature est directement relié aux éléments technologiques d’un système d’information (systèmes d’exploitations, logiciels, processeurs, équipements périphériques, interfaces d’entrée ou de sortie, etc.).
L’organisation doit tenter d’identifier les vulnérabilités qui sont présentes et qui affectent son patrimoine informationnel. Afin de limiter la subjectivité qui peut affecter le processus d’identification des vulnérabilités comme c’est le cas pour l’identification des menaces au chapitre précédent, il est suggéré de mettre en place un processus systématique d’identification des vulnérabilités. Ce processus d’identification s’appuiera sur plusieurs sources d’information et, en partie, sur l’utilisation de logiciels d’identification des vulnérabilités technologique réseau, tels que les NVAS, présenté un peu plus loin.
Une liste de départ, formée des vulnérabilités susceptible d’affecter les éléments technologique de l’organisation sera développé en fonction de l’architecture technologique en place. Cette liste devrait être enrichi par une revue de littérature, des recherches en ligne et la création de scénarios de risque avec les parties prenantes de l’organisation. Elle sera finalement validée auprès de participants dans l’organisation.
Les principales bases de données et d’information sur les vulnérabilités sont:
- Le CWE (common weakness enumeration) du MITRE: http://cwe.mitre.org/
- Security focus et BugTrack de Symantec: http://www.securityfocus.com/
4.2 Catégorisation des vulnérabilités
Une fois les vulnérabilités identifiés, il est nécessaire de les catégoriser. À cette fin, nous suggérons d’utiliser le modèle CVE du MITRE. Le Common Vulnerabilities and Exposures ou CVE est un dictionnaire des informations publiques relatives aux vulnérabilités de sécurité. Le dictionnaire est géré par l’organisme MITRE, soutenu par le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis.
Les identifiants CVE sont des références de la forme CVE-AAAA-NNNN (AAAA est l’année de publication et NNNN un numéro incrémenté). Le contenu du dictionnaire CVE peut être obtenu sur internet en différent formats. Cette liste contient une description de la vulnérabilité concernée, ainsi qu’un ensemble d’hyperliens qui permettent d’obtenir plus d’informations sur celles-ci.
De nombreux produits de sécurité qui traitent de vulnérabilités utilisent le système de catégorisation CVE du MITRE :
- les services d’information sur les vulnérabilités,
- les systèmes de détection d’intrusion,
- les systèmes de prévention d’intrusion,
- les logiciels d’analyse de vulnérabilités,
- les outils de gestion de parc informatique.
Afin que ces produits utilisent avec rigueur les identifiants CVE, le MITRE a mis en place une procédure de compatibilité CVE qui impose notamment :
- un affichage des identifiants CVE (CVE Output),
- une fonctionnalité de recherche parmi les identifiants CVE (CVE Searchable),
- une procédure de mise à jour de la base de données (Mapping),
- une aide sur les concepts relatifs à CVE (Documentation).
- Très élevée: fournit une cible très attrayante pour les menaces potentielles, et le niveau de dissuasion et / ou de défense fournis par les mesures de mitigation du risque existantes sont insuffisantes.
- Haute: fournit une cible attrayante et / ou le niveau de dissuasion et / ou de défense fournis par les mesures existantes sont insuffisantes.
- Modéré: fournit une cible potentielle et / ou le niveau de dissuasion et / ou de défense fournis par les mesures existantes est marginalement adéquat.
- Basse: fournit une cible possible et / ou le niveau de dissuasion et / ou de défense fournis par les mesures existantes sont adéquates.
4.3 Les NVAS
Les NVAS, ou Network Vulnerability Assessment Software, sont des logiciels spécialisés dans la découverte et l’identification de vulnérabilités technologiques en réseau. Ces logiciels signale les vulnérabilités potentielles ou avérées des systèmes d’informations testées en les comparant à une base de données, un peu comme le fait un logiciel anti-virus. Ces logiciels peuvent aussi utiliser des séquences, des scripts, qui permettent de simuler des tentatives d’exploitation de vulnérabilités connues. Les vulnérabilités qui peuvent être identifiés inclut, entre autres :
- les services permettant la prise de contrôle à distance d’un ordinateur,
- l’accès à des données,
- les erreurs de configuration,
- les mise à jour (patchs) de sécurité non appliqués,
- les mots de passe faibles, les mots de passe par défaut, les mots de passe communs, et l’absence de mots de passe sur certains comptes,
- les attaques sur les mots de passe à l’aide d’un dictionnaire,
- les services à risque tel que TelNet,
- les dénis de service.
- Une base de données des vulnérabilités complète
- Une base de données des vulnérabilités maintenue à jour
- Un minimum de faux diagnostics
- L’habilité à conserver de multiples analyses
- L’habilité à effectuer des analyses de tendances
- Donne des informations claires et concises pour éliminer les vulnérabilités trouvées ou en mitiger le risque.
- Scanner de vulnérabilités, par exemple OpenVAS, GFI Languard, COPS, SATAN
- Les logiciels d’administration à distance, par exemple Back Orifice, NetBus, Backdoor-G, ces logiciels permettent de faire des tests afin de vérifier la présence de vulnérabilités
- Les scanners de ports IP, par exemple NMAP, Ncat, Strobe, NTSnif, ces logiciels identifient les ports IP ouverts sur un ordinateur; il est cependant nécessaire de faire des recherches pour identifier la correspondance de pets et de vulnérabilités
- Les analyseurs de protocoles, par exemple Wireshark; ces logiciels prudent êtres utilisés pour identifier une vulnérabilité
- Les logiciels de découverte de mots de passe, par exemple l0ftcrack, John thé Ripper; ces logiciels permettent de vérifier si des mots de passe simple ou facile à trouver sont utilisés
- Windows XP, serveur 2003, serveur 2008, serveur 2008 R2, Vista et 7
- Mac OS X
- Linux (Debian, Fedora, FreeBSD, Red Hat Linux, SuSE, Ubuntu)
- Solaris 10
Des instructions spécifiques pour configurer Nessus afin de recevoir le HomeFeed ou le
ProfessionalFeed sont fournies ci-après dans ce document. Pour déterminer les feeds de Nessus qui conviennent à un environnement donné, il faut prendre en compte les points suivants :
- Si vous utilisez Nessus chez soi à des fins non professionnelles, vous pouvez souscrire le HomeFeed. Les nouveaux plugins pour les vulnérabilités de sécurité les plus récentes sont immédiatement fournis aux utilisateurs du HomeFeed. L’utilisation du HomeFeed est gratuite mais il existe une licence séparée pour le HomeFeed que les utilisateurs doivent accepter. Pour vous inscrire au HomeFeed, allez sur http://www.nessus.org/register/ et enregistrez la copie de Nessus pour utiliser le HomeFeed. Utilisez le code d’activation reçu pendant le processus d’enregistrement lors de la configuration de Nessus pour obtenir les mises à jour. Les utilisateurs du HomeFeed ne reçoivent pas d’accès au portail d’assistance de Tenable, aux contrôles de conformité ou aux stratégies de vérification de contenu.
- Si vous utilisez Nessus à des fins commerciales (par exemple en cabinet de conseil), dans un environnement d’affaires gouvernemental, vous devez acheter le ProfessionalFeed. Les nouveaux plugins pour les vulnérabilités de sécurité plus récentes sont immédiatement fournis aux utilisateurs du ProfessionalFeed. Les clients de SecurityCenter sont enregistrés automatiquement pour souscrire au ProfessionalFeed et n’ont pas besoin d’acheter des feeds additionnels, sauf s’ils ont un scanner Nessus qui n’est pas géré par SecurityCenter.
Tenable propose une assistance commerciale, depuis le Portail d’assistance de Tenable ou par email, pour les clients du ProfessionalFeed qui utilisent Nessus 4. Le ProfessionalFeed comprend également des contrôles de conformité de l’hôte pour Unix et Windows qui sont très utiles lors d’audits de conformité, comme SOX, FISMA ou FDCC.
Vous pouvez acheter le ProfessionalFeed sur la boutique en ligne de Tenable, sur
https://store.tenable.com/, ou par commande auprès des partenaires ProfessionalFeed
autorisés. Vous recevrez alors un code d’activation de Tenable. Ce code devra être utilisé
lors de la configuration de la copie de Nessus pour les mises à jour.
Les résultats de Nessus sont présentés dans un rapport. Ce rapport décrit les vulnérabilités découvertes et fournis des pistes de solution pour les résoudre. Il est cependant nécessaire d’identifier si les vulnérabilités identifiées sont de véritables vulnérabilités dans le contexte de l’organisation dans laquelle l’analyse est effectuée. Ensuite, il faut déterminer si un risque existe dans chacun des cas. C’est-à-dire, déterminer s’il existe un aléa et des dommages qui correspondent à la vulnérabilité dans un temps et un espace déterminé.
4.4 Exercice
L’exercice proposé est l’analyse de vulnérabilités avec l’aide du logiciel NESSUS. Pour réaliser cet exercice les étudiants doivent utiliser un ordinateur de type Intel munis du système d’exploitation Windows ou du système d’exploitation Mac OS/X. Le logiciel peut être téléchargé sur le site internet de Tenable: http://www.tenable.com/products/nessus. La documents pour l’installation et l’utilisation du logiciel sont disponibles en français sur le même site: http://www.tenable.com/products/nessus/documentation#french.
4.5 Questions de révision
4.5.1) Complétez les phrases avec les termes qui convient le mieux :
- A. aléa
- B. dommage
- C. élément à risque
- D. menace
- E. risque
- F. scénario de risque
- G.séquence d’événements
- H. vulnérabilité
- I: impact
- Dans la création de __________, ce sont les participants au processus de création des scénarios dans l’organisation qui devraient identifier __________ qui seront envisagées.
- Les __________ envisagés serviront à identifier les __________ envisagés dans l’analyse de risque, à prévoir __________ possibles de chaque __________ envisagé et à évaluer leur possibilité de se réaliser.
- ___________________________________
- ___________________________________
- ___________________________________
- ___________________________________
- ___________________________________
- A. Scanner de vulnérabilités
- B. Les logiciels d’administration à distance
- C. Les scanners de ports IP
- D. Les analyseurs de protocoles
- E. Les logiciels de découverte de mots de passe
- _____: ces logiciels permettent de faire des tests afin de vérifier la présence de vulnérabilités
- _____: ces logiciels identifient les ports IP ouverts sur un ordinateur
- _____: ces logiciels prudent êtres utilisés pour identifier une vulnérabilité
- _____: ces logiciels permettent de vérifier si des mots de passe simple ou facile à trouver sont utilisés
4.6 Bibliographie
- Myerson, J. M. (2002), Identifying enterprise networkvulnerabilities. International Journal of Network Management, 12: 135–144.
- Nessus.org
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Chapitre 5. Impact et utilité attendue
L’objectif de ce scénario est de permettre aux étudiants de mesurer l’impact des dommages et de la matérialisation des risques dans l’organisation afin d’en tenir compte dans le gestion de risque. L’impact est mesure du point de vue de l’utilité attendue comme alternative à la mesure de l’impact seulement sur la base de pertes monétaires. Une introduction au principe de l’utilité attendue est présenté. Les transfert du risque, l’extériorisation des coûts et l’assurance est aussi présenté.
5.1 Impacts
Le mot impact désigne les conséquences réelles, envisagées ou perçues d’un aléa (A), d’un événement, d’un processus ou d’une activité rendu possible par l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ). En gestion, l’impact concerne les effets sur l’organisation, notamment sur les niveaux de services, les concurrents, le marché et les clients. On distingue les effets ou conséquences attendus et les effets inattendus d’un événement sur un projet, un actif informationnel ou sur l’environnement, et qui peut influer sur l’atteinte des objectifs organisationnels.
En gestion de risque informationnel, l’impact correspond aux dommages (δ) ou aux effets négatifs de l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) par un allée (A) pour un élément à risque donné (E), dans un temps (t) et un espace (s) donné: les pertes financières, la réduction de l’utilité et plus généralement à l’impact sur les objectifs informationnels fondamentaux de l’organisation (confidentialité, intégrité, disponibilité, etc.), Ils ne sont pas nécessairement traduisibles en termes financiers. Les dommages aux objectifs informationnels incluent:
- accès non autorisé aux données
- destruction de données
- divulgation de données ou d’informations
- indisponibilité du système d’information
Dans le cadre d’une analyse de risque en utilisant une approche par scénarios, il est nécessaire d’identifier les dommages directs résultants de la réalisation du scénario. Ces dommages directs peuvent inclurent:
- le coût de remplacement des équipement endommagés, volés ou perdus
- le coût de remise en états des équipements et périphériques
- les coûts de main d’oeuvre pour l’installation de système d’exploitation, logiciels et la configuration de ceux-ci, le temps de recouvrement des données
- les pertes en temps de travail des utilisateurs d’un système d’information
- les pertes pour l’organisation dues au vol d’identité, de données ou aux informations financières
- d’autres coûts associés
- une atteinte à l’intégrité physique d’une personne
- un préjudice physiologique ou fonctionnel
- les préjudices moraux, comme l’atteinte à l’honneur, à la réputation et au crédit de la personne
- les préjudices moraux particuliers à la personne physique, tels que le pretium doloris (le prix de la douleur). Par exemple :
- les souffrances physiques endurées par la victime d’un dommage corporel
- le préjudice d’affection lié à la souffrance morale causée par le décès d’un proche, voire par la perte d’un animal
- le préjudice sexuel,
- le préjudice esthétique
- le préjudice d’agrément (comme la perte ou la diminution de la pratique d’une activité par rapport à la pratique faite avant la survenue de l’accident)
- les pertes en temps des clients d’un système d’information
- les pertes pour les clients de l’organisation dues au vol d’identité, de données ou aux informations financières
- d’autres coûts associés
5.2 Utilité attendue
Pascal et de Fremat au 17ème siècle associaient au risque son espérance mathématique, en additionnant chacun des dommages possibles d’un aléa pondéré par la probabilité qu’ils se matérialise. Ainsi, dans leurs prises de décision, les individus étaient censés ne tenir compte que de la moyenne des dommages d’un aléa et préférer ceux donnant une espérance de gain supérieure.
Cependant, ce critère d’espérance de résultat ne met pas en évidence le fait qu’un individu, indépendamment de la moyenne d’un aléa, peut ne pas aimer le risque qui y est associé.
Ce constat a donné naissance au 18ème siècle à la théorie de l’utilité attendue (aussi appelé utilité espérée ou expected utility theory) développée par Bernoulli. Suivant cette théorie, chaque résultat n’est plus utilisé comme tel mais est transformé en utilité par une fonction. Cette fonction d’utilité sera concave si on veut représenter les préférences d’un individu manifestant une aversion au risque, linéaire si on veut représenter celles d’un individu neutre vis-à-vis du risque et convexe si on veut représenter celles d’un individu manifestant une propension au risque.
Selon la théorie de l’utilité attendue, le risque est un critère de décision dans un univers incertain qui reflète les désirs par rapport à plusieurs options. L’utilité attendue s’applique à une prise de décision dans différentes situations:
- Dans un univers risqué, lorsque l’individu sait quels évènements peuvent se réaliser dans le futur et connaît la distribution de probabilité d’occurrence de chacun d’eux, il peut alors calculer une espérance mathématique, somme des résultats possibles pondérés chacun par leur probabilité.
- Dans un univers incertain quand l’individu sait quels évènements peuvent se réaliser dans le futur mais pas leur probabilité d’occurrence, il élaborera des probabilités subjectives qu’il estime dans un intervalle de probabilités en référence à d’autres évènements.
- Dans un univers indéterminé, quand l’individu ignore les évènements possibles et leur probabilité.
Dans le cadre de situations à risque, l’individu qui suit un processus de décision rationnel, va assigner une valeur d’utilité à chaque niveau de richesse possible. Par exemple, dans le domaine de la santé, on peut comparer ces niveaux de richesse aux différents états de santé possibles. L’utilité totale est la somme du produit de la désirabilité et de la probabilité de chaque résultat :
Utilité = Σ Pb(i) x μ(conséquence i)
- n : nombre de conséquences potentielles
- Pb(i) : probabilité d’occurrence de la conséquence i
- μ(conséquence i) : désirabilité de la conséquence i
Dans cette formalisation mathématique du problème de décision, le risque est introduit artificiellement sous la forme d’un évènement aléatoire (loterie, jeu), dont les résultats possibles et les probabilités sont connus. Ce joueur rationnel, confronté à différentes loteries, cherche la maximisation d’une utilité espérée (μ) en multipliant l’aléa par le résultat.
L’utilité totale de chacun des ensembles de résultats d’une action est la représentation numérique de l’attitude individuelle globale pour une action donnée. Les choix individuels par rapport à plusieurs alternatives peuvent être prédits à partir de l’attitude d’une personne vis à vis du risque, qui décrit la forme de la fonction d’utilité. Elle lui permet de calculer et d’ordonner de façon cohérente, selon des règles de combinaison spécifiques, l’utilité de chaque option. L’alternative offrant la plus grande utilité est considérée comme la meilleure option. Les préférences reflètent un lien entre l’utilité attendue et les caractéristiques de l’évènement. La théorie de l’utilité mesure ainsi le risque à partir des préférences de l’agent, ce que nous nommerons l’appétence au risque..
La formalisation d’un indicateur local d’aversion au risque présuppose l’existence d’individus averses au risque et d’autres ayant une propension au risque. L’aversion au risque ou la propension à prendre des risques se réfère à l’incurvation de la fonction d’utilité. L’attitude envers le risque est un continuum de l’aversion au risque à la recherche de risque et est généralement considéré comme un trait de personnalité. Le risque dépend donc de l’aversion pour le risque, correspondant à des propriétés particulières des préférences de l’agent.
La théorie de l’utilité espérée s’appuie sur une rationalité probabiliste de l’individu. Elle considère que le sujet rationnel et conscient prend ses décisions de manière à maximiser une fonction d’utilité sous contraintes (temps/budget), en mobilisant l’information (connaissance des probabilités des états possibles). Le problème de décision se structure autour de l’identification du risque, des alternatives possibles et de leurs conséquences et aussi de l’évaluation des différentes conséquences de chaque action (en termes de désirabilité et de probabilité). Le critère de décision est celui de la maximisation de l’utilité espérée. La théorie de l’utilité attendue fournit un cadre pour comprendre, dans une perspective scientifique, le choix rationnel individuel face à des situations risquées. Le consommateur est supposé fonder sa prise de décision après évaluation d’un risque quantitatif global selon une rationalité utilitariste et probabiliste individuelle. Cette théorie normative décrit comment les gens devraient procéder quand ils prennent leurs décisions.
Certaines hypothèses de ces modèles économiques ont été réfutés empiriquement. De nombreux chercheurs en psychologie et sociologie ont mis en évidence l’existence de paradoxes. Dans les conditions expérimentales de laboratoire, les sujets ne prennent pas leurs décisions conformément à la théorie et n’agissent pas toujours dans un intérêt personnel. Ces travaux ont montré les limites du modèle standard en économie et ont contribué à modérer l’hypothèse selon laquelle le consommateur choisit entre plusieurs alternatives en maximisant l’utilité attendue.
Ainsi, dans le contexte de l’analyse de risque informationnel, l’utilité attendue influera sur l’impact en l’augmentant, dans le cas d’une organisation démontrant une aversion au risque et le diminuera dans le cas d’une organisation démontrant une propension au risque. Le résultat sera un impact pondéré an fonction de l’appétence au risque de l’organisation.
5.3 Transfert du risque, externalisation et assurance
La présence du risque engendre un besoin de se protéger contre ceux-ci. Cette protection n’implique pas nécessairement la présence d’un tiers pour se prémunir contre d’éventuels dommages. L’organisation peut accepter le risque, si elle a des réserves budgétaires suffisantes, ou elle peut considérer des stratégies d’évitement ou de mitigation du risque. Le transfert du risque vers un tiers sera par contre indispensable en cas de désir de transfert du risque ou pour certaines activités de mitigation. Nous analysons dans cette section des instruments permettant de aux organisation de se prémunir contre les risques en les transférant vers des tiers.
Externalisation
L’externalisation, du point de vue économique, est un accord passé entre une organisation et un tiers pour la prise en charge, l’exploitation, la gestion et l’amélioration d’une activité:
- de fonctions entières de l’organisation (ex. : informatique, nettoyage, ressources humaines, paie, facturation, comptabilité, marketing et communication) ;
- d’infrastructures (ex. : système d’informations, systèmes de sécurité de l’information, réseaux ou télécommunications) ;
- de processus opérationnels (ex. : production industrielle, exploitation d’un réseau de télécommunications, logistique, transports).
Ce processus permet à l’organisation qui externalise de se recentrer sur ses domaines d’expertise, ses spécialités, et sa valeur ajoutée. L’externalisation repose en termes juridiques sur un contrat à durée fixe portant sur le transfert de toute ou partie de la fonction, du service et/ou de l’infrastructure ou du processus opérationnel de l’organisation entre l’organisation propriétaire et un opérateur. Les clauses de retour ou de réversibilité sont la clef d’une externalisation réussie. Ce contrat peut inclure un transfert d’actifs et de personnel. Le client se concentre sur la définition des résultats à atteindre, laissant au prestataire la responsabilité de les livrer.
Assurance
Un contrat d’assurance couvre, moyennant le versement préalable d’une prime, un individu contre les dommages financiers résultant d’un aléa. Ce contrat permet à l’individu assuré de partager le risque encouru avec l’assureur. La modélisation des comportements de demande d’assurance montre que si la prime d’assurance demandée par l’assureur est égale à la valeur attendue de la perte, un individu qui démontre une aversion au risque optera pour une couverture totale du risque. Un individu qui a une aversion au risque préférera un contrat qui, à prime d’assurance égale, proposera à l’individu le versement d’une franchise en cas de sinistre plutôt que le paiement d’une co-assurance par laquelle l’individu prend à sa charge une proportion prédéfinie de la perte.
Une analyse plus générale de la demande d’assurance considère les biens remplaçables comme un cas particulier des bien considérés comme irremplaçables. Leur analyse confirme qu’un individu manifestant de l’aversion au risque s’assurera totalement contre la perte d’un bien remplaçable si la prime d’assurance est actuarielle. Par contre, si le bien pour lequel on s’assure est considéré comme irremplaçable, l’individu ne se couvrira pas totalement.
5.6 Exercice
Les exercices proposés ici sont réalisés par les étudiants en classe.
5.6.1) On propose à un individu l’achat d’un billet de loterie dont les probabilités de gains de10$ et 0$ sont les mêmes. La fonction d’utilité élémentaire de l’agent est μ(w0,w1) = w0 + √w1, où w0 et w1 sont ses revenus avant et après le tirage de la loterie. Les revenus initiaux de l’agent sont w0 = 10 et w1 = 4. Sur la base de cet énoncé, répondez aux questions et ensuite discutez de vos réponses en classe.
- En supposant que le prix p de la loterie est payé avant le tirage de celle-ci, quel est le prix maximum que l’individu est prêt à payer pour son billet ?
- Si on suppose que le prix est payé après le tirage de la loterie, quel sera le nouveau prix maximum p que l’individu sera prêt à payer pour son billet.
5.6.2) Deux individus sont arrêtés par des policiers qui les soupçonnent d’avoir commis un vol à main armée d’une banque. Lors du vol, un employé de la banque fut blessé par balle. Ils sont emprisonnés dans des cellules séparées. La police fait à chacun des deux le même marché:
« On te propose de dénoncer ton complice. Si tu le dénonces et qu’il te dénonce aussi, vous aurez une réduction de la peine d’un an tous les deux. Si tu le dénonces et que ton complice te couvre, tu auras une réduction de ta peine de 5 ans, mais ton complice tirera le maximum de 10 ans. Mais si vous vous couvrez mutuellement, vous aurez tous les deux une réduction de peine de 3 ans. »
- Imaginez-vous que vous êtes l’un des individus arrêtés, que devrez vous faire: couvrir votre complice (donc coopérer avec lui) ou le trahir ?
- Pourquoi ? (justifiez votre réponse avec un arbre de décision)
5.6.3) Divisez la classe en deux groupes ( groupe 1 et groupe 2). et effectuez les choix suivants basé sur l’énoncé:
- Imaginez que le Québec se prépare contre la dissémination d’un virus asiatique jusqu’alors inconnu, dont on s’attend à ce qu’il fasse 600 morts. Deux programmes alternatifs contre ce virus sont proposés.
Le groupe 1 doit choisir entre le programme A ou le programme B :
- si le programme A est adopté, 200 personnes survivront
- si le programme B est adopté, il y a une probabilité de 1/3 que les 600 individus seront sauvés, et 2/3 qu’aucun individu ne sera sauvé.
Le groupe 2 doit choisir entre le programme C ou le programme D :
- si le programme C est adopté, 400 personnes mourront
- si le programme D est adopté, il y a une probabilité de 1/3 qu’aucun individu ne mourra, et 2/3 que tous les individus mourront.
Discutez et justifiez vos réponses
5.7 Questions de revision
5.7.1) Complétez les phrases avec les termes qui convient le mieux :
- A. aléa
- B. dommage
- C. élément à risque
- D. menace
- E. risque
- F. scénario de risque
- G.séquence d’événements
- H. vulnérabilité
- I: impact
- J: conséquences
- K: objectifs organisationnels
- L: inattendus
- M: externalisation
- N: assurance
- Le mot __________ désigne les __________ réelles, envisagées ou perçues d’un __________, d’un événement, d’un processus ou d’une activité rendu possible par l’exploitation d’une __________.
- En gestion, __________ concerne les effets sur l’organisation, notamment sur les niveaux de services, les concurrents, le marché et les clients.
- On distingue les effets ou __________ attendus et les effets __________ d’un événement sur un projet, un actif informationnel ou sur l’environnement, et qui peut influer sur l’atteinte des __________.
- __________, du point de vue économique, est un accord passé entre une organisation et un tiers pour la prise en charge, l’exploitation, la gestion et l’amélioration d’une activité.
- __________ repose en termes juridiques sur un contrat à durée fixe portant sur le transfert de toute ou partie de la fonction, du service et/ou de l’infrastructure ou du processus opérationnel de l’organisation entre l’organisation propriétaire et un opérateur.
- Un contrat __________ couvre, moyennant le versement préalable d’une prime, un individu contre les dommages financiers résultant d’un aléa.
- La modélisation des comportements de demande __________ montre que si la prime d’assurance demandée par l’assureur est égale à la valeur attendue de la perte, un individu qui démontre une __________ au risque optera pour une couverture totale du risque.
- A. aversion
- B. concave
- C. convexe
- D. linéaire
- E. neutre
- F. propension
- G. risque
- H. scénario de risque
- I: fonction d’utilité
- La fonction d’utilité sera __________ si on veut représenter les préférences d’un individu manifestant une aversion au __________.
- La fonction d’utilité sera __________ si on veut représenter celles d’un individu neutre vis-à-vis du __________.
- La fonction d’utilité sera __________ si on veut représenter celles d’un individu manifestant une propension au __________.
- La __________ sera concave si on veut représenter les préférences d’un individu manifestant une __________ au risque.
- La __________ sera linéaire si on veut représenter celles d’un individu __________ vis-à-vis du risque.
- La __________ sera convexe si on veut représenter celles d’un individu manifestant une __________ au risque.
5.8 Bibliographie
- Philippe BERNARD, P. (2007) Exercices sur la décision dans l’incertain, Ingénierie Economique et Financière Paris-Dauphine, Octobre 2007 http://www.master272.com/micro3/exlic2-07.pdf
- Kahneman, D., Tversky A. (1979) Prospect theory : an analysis of decision under risk, Econometrica, 47, 263–291
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Chapitre 6. Identification, priorisation et mobilisation des ressources pour un traitement adéquat du risque
Ce chapitre cherche à développer chez les étudiants une compréhension des problématiques reliées à l’identification, la priorisation et la mobilisation des ressources organisationnelles nécessaires pour un traitement adéquat du risque. Le modèle I-P-M. les options de traitement du risque et le modèle des trois P (Prévention, protection, punition) de mise en oeuvre de la sécurité de l’information y sont présentés. De plus, les étapes pour la mise en oeuvre de l’analyse de risque informationnelle en utilisant une approche par scénarios sont décrites.
6.1 Le modèle I-P-M
Tel que mentionné aux chapitres 1 et 2 , la gestion du risque est accomplie par un processus IPM:
- I: identification et d’évaluation des scénarios de risque (les combinaisons d’élément à risque, aléas et de vulnérabilités susceptible de causer des dommages),
- P: priorisation des scénarios,
- M: mobilisation de ses ressources humaines et financières pour un traitement approprié du risque.
L’identification (I) et la priorisation (P) sont des processus d’analyse de risque. La troisième phase, la mobilisation, est la mise en oeuvre des décisions des phases d’identification (I) et de priorisation (P). Pour que le risque existe, au moins un aléa (A) et une vulnérabilité (ψ) doivent co-exister pour un élément à risque donné (E), dans un temps (t) et un espace (s) donné.
Avant de débuter l’analyse de risque, il est nécessaire d’identifier l’analyste qui sera responsable de réaliser l’étude. L’analyse sera le responsable d’accomplir l’étude, de créer les documents, de communiquer avec les participants et de faire la gestion de projet. Par la suite l’analyste débuter par l’identification de l’organisation et la définition des objectifs en matière de sécurité de l’information. Cela est réalisé par les étapes suivantes:
- Inventaire des actifs informationnels: Avant de débuter, il est nécessaire d’effectuer un inventaire du patrimoine informationnel de l’organisation. Cette étape n’est pas intégré dans la méthode comme telle parce que de nombreuses organisations réalisent cet inventaire dans d’autres processus, par exemple à des fins de gestion de l’information ou des systèmes d’informations. Il s’agit donc de faire une liste des actifs informationnels individuels (donnée, processus, système d’information, autres) qui sont utilisés par l’organisations.
- Catégorisation des actifs informationnels: Les actifs informationnels doivent faire l’objet d’une catégorisation, ce qui n’est pas défini dans ce livre. Un exemple de catégorisation dans le domaine de la santé est disponible en ligne dans un document du MSSS , disponible sur leur site internet. La catégorisation devrait se faire en utilisant une échelle de mesure approprié en fonction des objectifs de sécurité de l’organisation. Au minimum, il est recommandé de définir l’actif informationnel en fonction de ses attributs de disponibilité, d’intégrité et de confidentialité (DIC).
- Mise en place du comité de gouvernance du risque: Afin de réussir la définition des objectifs, l’analyse de risque et éventuellement la mise en oeuvre de son plan d’action pour gérer efficacement le risque, une organisation doit mettre en place un comité de gouvernance du risque. Ce comité de gestion aura pour principale taches de suivre l’évolution du risque et de s’assurer de la mise en oeuvre des mesures de mitigation du risque, qui sera effectué par le comité de projet.
- Mise en place du comité de projet: Une fois l’analyse de risque complété, afin de réussir la mise en oeuvre des mesures de mitigation du risque et des actions connexes, l’organisation devra mettre en place un comité de projet. Les membres du comité de projet peuvent être les mêmes que le comité de gouvernance de projets avec l’ajout d’un chef de projet d’expérience et de personnel informatique formé sur les mesures de mitigation retenues.
- Création et approbation du plan de projet: Afin de mener à bien l’élaboration d’un plan directeur en matière de gestion du risque informationnel (GRI), l’organisation devrait gérer cet exercice comme un projet. De cette façon, il est possible de mettre à profit l’expertise et les techniques de gestion de projet afin de maximiser les chances de succès.
Le comité de gouvernance du risque informationnel devrait inclure:
- le principal responsable de la sécurité des actifs informationnels (RSAI)
- le RSAI substitut ou l’individu qui gère le risque informationnel au quotidien
- le principal responsable des technologies de l’information dans l’organisation
- un représentant de la gestion des ressources financières,
- un représentant des services juridiques, et
- un représentant des ressources humaines
- selon la culture de l’organisation, d’autres individus peuvent êtres ajoutés.
Une fois ces premières étapes complétées, la phase d’identification et d’évaluation des scénarios de risque peut débuter. Il est d’abord nécessaire de documenter l’organisation et ses objectifs de sécurité. Cela peut être réalisé par les étapes suivantes:
- Identification de l’organisation: Lors de cette étape, l’objectif est de documenter l’organisation dans laquelle l’analyse de risque est réalisée, sa structure, sa culture, ses objectifs et les individus clef en relation aux actifs informationnels en cause.
- Détermination des cadre de gestion: Cette étape consiste à identifier les cadres de gestions normalisés que l’organisation souhaite utiliser pour la gestion de son patrimoine informationnels. Lors de cette étape, les cadres de gestions normalisés ayant déjà été intégrés dans CIGREI sont proposés. Par exemple, le cadre de gestion ISO 27002:2005 ou le cadre Global de gestion des actifs informationnels (CGGAI) du MSSS sont des cadres de gestions qui peuvent être disponibles. Dans le progiciel (en développement) l’intégration de nouveau cadres de gestion normalisés doit être fait par un administrateur de la base de données. Le champ Mandaté par permet d’indiquer l’organisme qui a mandaté l’organisation de mettre en oeuvre le cadre de gestion normalisé identifié dans le cas précis pour lequel un plan directeur est réalisé.
- État de la situation actuelle: Cette étape consiste à identifier, en relation aux mesures de mitigation du risque associé à chacun des cadre de gestions normalisés que l’organisation souhaite mettre en place ou qui sont déjà en place, l’état (en place ou proposé), le coût (argent et en ressources humaines ou en effort, mesure en équivalent d’un individu travaillant à temps plein), les contrôles de gestions qui permette de s’assurer de l’efficacité de la mesure de mitigation du risque et de faire des vérifications (audits) et de l’efficacité présumée de la mesure. Il est aussi possible de joindre des notes sur la mesure de mitigation du risque ou sur sa mise en oeuvre, ainsi que d’attacher des pièces jointes, tels des diagrammes de réseau, des documents PDF ou d’autres documents utilise pour la compréhension des utilisateurs, des gestionnaires ou, éventuellement, des vérificateurs.
- Création du catalogue de mesures de mitigation du risque: Le catalogue de mesures de mitigation du risque est une liste, ou un répertoire, des mesures de mitigation de risque qui sont susceptible de correspondre aux différents risques informationnels et aux cadre de gestions qui ont été incorporés dans une étude. Cette liste devrait être créé et maintenue par des experts en gestion de risque informationnel. Une liste régionale ou nationale est envisagé.
Par la suite, il est possible d’identifier ou concevoir les scénarios à envisager dans l’analyse de risque. Cela débute par la création des scénarios avec la collaboration des individus concernés par l’élément à risque qui fait l’objet de l’étude. Cela peut être réalisé sous la responsabilité de l’analyste par les étapes suivantes:
- Focus group ou brainstorming: deux techniques de collecte de données sont proposées pour obtenir les données brutes nécessaires pour l’analyse de risque: le focus group ou le brainstorming (vf.: remue-méninges). Ces techniques de collecte de données sont susceptible de permettre l’identification des scénarios qui seront utilisés dans la suite de l’analyse de risque.
- Identifier les participants au brainstorming: il est proposé d’inclure de 4 à 7 personnes.
- le principal responsable des actifs informationnels ou de l’élément à l’étude
- un représentant de la gestion des ressources financières,
- un représentant des ressources humaines
- un représentant des lignes d’affaires
- selon la culture de l’organisation, d’autres individus peuvent êtres ajoutés.
- Expliquer le processus aux participants: il est nécessaire d’expliquer aux participant les principales du processus d’analyse de risque, les objectifs de l’analyse en cours et l’échéancier proposé.
- Identification des objectifs de sécurité avec les participants: lors de la rencontre initiale de collecte de données pour la création des scénarios, il est nécessaire d’identifier les objectifs de l’organisation en matière de sécurité de l’information. Ces objectifs sont exprimés via les besoins en matière de confidentialité, intégrité, disponibilité. etc. L’analyste pourra utiliser une liste de menaces ou les résultats de l’analyse de vulnérabilités pour favoriser la discussion et l’émergence de scénarios lors des focus group.
- Identification de l’appétence au risque: Il est nécessaire d’identifier l’appétence au risque de l’organisation pour ajuster les dommages et l’utilité pour obtenir l’utilité attendue telle que perçue par l’organisation.
L’échelle à curseur peut être utilisée: - Identification de trente (30) scénarios de sécurité: il s’agit d’identifier les scénarios de risque de façon sommaire. Le scénario de risque Ζn(A,ψ,δ), ou n est un nombre entier séquentiel, incluent une description sommaire de l’aléa (A) et des événements ou séquences d’événements, des actions, des décisions et des facteurs connexes qui ont rendu possible l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) dont le résultat est un dommage (δ). Ces description sommaires sont enrichies lors de la prochaine étape.
Une fois les trente scénarios identifiées et décrits sommairement lors de la rencontre avec les participants, l’analyse devra effectuer un travail d’analyse et de documentation des scénarios. À cette fin, il est proposé d’utiliser le formulaire proposé.
- Nom du scénario: un nom qui décrit le scénario. Par exemple, un scénario de risque portant sur le vol d’identité d’un client de l’organisation pourrait se nommer vol d’identité.
- Nom de l’organisme: le nom de l’organisation pour laquelle le scénario est créé.
- Date de création du scénario: la date de création du scénario.
- Ayants cause:
- Description du scénario de risque ou de l’aléa: description détaillée de l’aléa (A) et des événements ou séquences d’événements, des actions, des décisions et des facteurs connexes qui ont rendu possible l’exploitation d’une vulnérabilité (ψ) dont le résultat est un dommage (δ). Il s’agit de décrire avec plus de détails ce qui sera développé avec les participants lors de l’étape précédente.
- Vulnérabilité : description de la vulnérabilité, faille ou faiblesse qui rend ce scénario possible.
- Données historiques: documentation des données historiques disponibles et des sources de ces données, par exemple un registre des incidents ou des rapports de support à la clientèle.
- Cible de ce scénario: disponibilité. Intégrité, continuité, autre :
- Impacts de la réalisation du scénario: descriptions des impacts et des dommages qui résulteraient de la réalisation de l’aléa qui est décru dans le scénario.
- Mesures de mitigation en place ou envisagées: description des mesures de mitigation du risque qui sont envisagées.
- Contrôles de gestion en place ou proposés: description des contrôles de gestion en place ou proposés.
- Historique des modifications du scénario
Il est probable, une fois les scénarios détaillés, que les similitudes entre certain des scénarios permettre d’en réduire le nombre en combinat les scénarios similaires. En général, il est commun de permettre de réduire de 30 à 25 ou 26 scénarios par la combinaison de scénarios similaires. Ensuite, l’analyse devra rencontrer les participants individuellement afin de valider les scénarios détaillés. Il pour être nécessaire d’y faire des ajustements selon les commentaires des participants.
Lors des rencontre l’analyse devra aussi évaluer, avec les participants, la probabilité de la réalisation d’un scénario. Pour cela, il utilisera des échelles à curseur pour évaluer les dommages et la probabilité de réalisation des scénarios. Les échelles à curseur sont imprimées et distribuées aux participant. Pour faire la lecture des résultats, il est suggéré de les imprimer pour que la longueur soit de 25cm, le curseur est positionné par les participants. Le résultat est la mesure en cm multipliée par 4, pour un maximum de 100, qui corresponds à 100% ou 1. Par exemple, un curseur à 10cm = 40% ou 0,40.
L’échelle à curseur présentée est utilisé pour l’évaluation de la probabilité de réalisation du scénario présenté.
Une fois la probabilité de réalisation estimée, il est ensuite possible d’évaluer l’impact. Si des sources de données probantes sont disponibles, ce sont ces données qui devraient être privilégiés.
Autrement, l’échelle à curseur peut être utilisée. L’échelle à curseur présentée est utilisé pour l’évaluation de l’impact du scénario présenté.
Une fois les données obtenues des participants lors des rencontres individuelles, il est possible d’analyser les résultats afin d’identifier s’il y a des corrélations. Dans le cas de divergences majeures, les résultats sont présentés aux participants lors d’une rencontre de projet.
Le calcul de risque utilise la formule suivante:
μ(y)*(1+α(o))*(δ(x)*((Pb(x)/ΣPb(sr)) / θ(ox) * ψ(E,x)
- α(o): appétence de l’organisation étudiée o
- ψ(E,x): vulnérabilité de l’élément à risque E à l’aléa x, avec des valeurs possibles de 1, si l’élément à risque est vulnérable et de 0, s’il ne l’est pas
- δ(x): dommage, ou réduction de l’utilité attendue de l’élément à risque y par l’aléa x
- θ(o,x): résilience de l’organisation étudiée o à l’aléa x
- μ(y): utilité d’une élément à risque y
- Pb(x): probabilité de réalisation de l’aléa x
- ΣPb(sr): somme de la probabilité des dix scénarios retenus, sr, ce qui permet de ramener la somme des scénarios = 1
Ensuite, en utilisant le tableau présenté ici-bas, il est nécessaire de compiler les résultats.
Les résultats de toutes les rencontres sont présentés dans un tableau qui est présenté aux participants dans le cadre d’une rencontre de projet.
Ensuite, il est nécessaire de composer les portfolios de risque, c’est à dire les différentes combinaisons de mesures de mitigation de risque qui seront retenus pour élaborer le plan directeur.
L’efficacité d’un scénario est mesurée par le ratio entre le coût des mesures et la réduction du risque apporté par ces mesures de mitigation de risque. Plus le ratio est élevé, plus le retour sur l’investissement des mesures de mitigation de risque est élevé.
Un exemple de l’application de ces calculs avec 10 scénarios hypothétiques sont présentés sur Google docs.
6.2 Les options de traitement du risque
- Ignorer le risque : l’organisation peut décider consciemment d’ignorer le risque.
- Éviter le risque : l’organisation pourra décider de ne pas poursuivre une opportunité car elle considère que le risque ne vaut pas la chandelle.
- Accepter le risque : l’organisation détermine que le risque associé à une situation donnée est acceptable pour l’organisation compte tenu de ses contraintes, des ses objectifs d’affaires ou de sa résilience.
- Mitiger le risque : par la mise en oeuvre de mécanismes de protection, de détection ou de réponse, par exemple par la mise en place d’un pare-feu, une organisation réduira la menace d’intrusion de son réseau informatique via l’Internet.
- Transférer le risque : une organisation pourrait décider de prendre une police d’assurance qui couvre un risque précis, une organisation pourrait aussi transférer le risque, contractuellement, à un tiers ou l’externaliser via d’autres mécanismes.
Création des portfolios
Sélection du portfolio retenu
Proposition et approbation du plan directeur de gestion du risque informationnel
La mise en oeuvre du plan
6.3 Le modèle des trois P (Prévention, protection, punition) de mise en oeuvre de la sécurité de l’information
Le modèle des trois P (Prévention, protection, punition) de mise en oeuvre de la sécurité de l’information. Ce modèle est structuré selon 3 axes:
- la prévention: de mesures de prévention seront mise en oeuvre dans l’organisation. Par exemple, une politique de sécurité, un processus formel d’analyse de risque, des audits TI annuels et un programme de sensibilisation des employés et de formation des ressources informatiques.
- la protection: la mise en oeuvre d’actions de mitigation de risque ou l’allocations des rôles et des responsabilités en matière de gestion à des individus dans l’organisation et la mise en oeuvre de processus de gestion des incidents, de recouvrement en cas de sinistres et de continuité des affaires.
- la punition: il sera nécessaires des actions punitives en cas de non respect ou de contournement volontaires des deux premiers axes.
6.6 Exercice
Jeu en classe avec le banquier.
6.7 Questions de révision
6.7.1) Indiquez si l’énoncé suivant est vrai (V) ou faux (F) ?
- _____: L’identification (I) et la priorisation (P) sont des processus d’analyse de risque.
- _____: La mobilisation (m), est la mise en oeuvre des décisions de la phases d’identification (I) seulement.
- _____: En général, il est commun de permettre de réduire de 30 à 25 ou 26 scénarios par la combinaison de scénarios similaires.
- _____: Les portfolios de risque utilisent toutes les mesures de mitigation de risque pour élaborer le plan directeur.
- _____ : il sera nécessaires de prévoir des actions punitives en cas de respect des deux premiers axes (prévention et protection).
- A. prévention
- B. protection
- C. punition
- Un processus formel d’analyse de risque est une mesure de __________.
- En cas de contournement volontaires l’organisation devrait mettre en place des mesures de __________.
- Une politique de sécurité est une mesure de __________.
- Des audits TI annuels sont est une mesure de __________.
- Un programme de sensibilisation des employés et de formation des ressources informatiques est une mesure de __________.
- La mise en oeuvre d’actions de mitigation de risque est une mesure de __________.
- L’allocations des rôles et des responsabilités en matière de gestion à des individus dans l’organisation est une mesure de __________.
- La mise en oeuvre de processus de gestion des incidents, de recouvrement en cas de sinistres et de continuité des affaires sont des mesures de __________.
- En cas de non respect l’organisation devrait mettre en place des mesures de __________.
- Le premier des trois axes du modèles des 3P de la sécurité de l’information est la mise en oeuvre de mesures de __________ dans l’organisation.
6.8 Principales références pour le chapitre
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Chapitre 7. Méthodologies d’analyse de risque
Introduire les étudiants aux méthodologies d’analyse de risque. Les méthodes disponibles Octave, Méhari, EBIOS Le choix d’une méthode L’application d’une méthode sur le terrain
7.1 les principales méthodes d’évaluation de risque
Octave
OCTAVE ® (Operationally Critical Threat, Asset, and Vulnerability Evaluation SM) est une suite d’outils, de techniques et méthodes pour l’évaluation des risques basée sur la sécurité de l’information stratégique et de planification.
Le cadre conceptuel qui a formé la base de l’approche OCTAVE a été publié par le Software Engineering Institute (SEI) de Carnegie Mellon University en 1999. Ces concepts ont été formalisés dans les critères d’OCTAVE, publié en 2001. Travailler avec la télémédecine et de technologie de pointe Research Center (TATRC), le SEI a développé la méthode OCTAVE d’appliquer l’approche OCTAVE à la conformité de la sécurité défis relevés par le département américain de la Défense (DoD) lorsque la partie conformité de la sécurité de la Health Insurance Portability Loi sur la responsabilité (HIPAA) a été mandaté. La méthode OCTAVE a été libéré pour une utilisation publique en Septembre 2001.
OCTAVE-S ® a été développé par le SEI en vertu de l’insertion de la technologie, de démonstration, et de l’évaluation (TIDE) programme (http://www.sei.cmu.edu/tide/) à appliquer l’approche OCTAVE aux organisations de fabrication de petits. Il a été libéré pour une utilisation publique en Septembre 2003.
Directives pour la sélection de la méthode OCTAVE OCTAVE-S ou sont inclus dans une note technique publiée en Août 2003 [Alberts 2003]. Pour la chronologie complète de la démarche de développement OCTAVE, voir l’annexe A.
La méthode OCTAVE et OCTAVE-S ont été largement référencée par la communauté sécurité de l’information internationale. Entre Juin 2003 et Juin 2005, la méthode OCTAVE a été téléchargé par plus de 9.600 sources. Au cours de cette même période, OCTAVE-S a été téléchargé par plus de 4700 sources. Ce groupe d’utilisateurs potentiels inclus des entreprises privées (50%), les particuliers (15%), des établissements universitaires (15%) et les organismes gouvernementaux (10%). En moyenne, le site Web OCTAVE reçoit 5000 visiteurs par mois.
Il existe trois méthodes OCTAVE:
- la méthode originale OCTAVE, qui forme la base pour le corps de la connaissance OCTAVE
- OCTAVE-S, pour les petites organisations
- OCTAVE-Allegro, une approche simplifiée pour l’évaluation de la sécurité de l’information et l’assurance
Ces méthodes sont fondées sur les critères OCTAVE, une approche standard pour une évaluation de la sécurité des informations axé sur le risque et la pratique basée. Les critères OCTAVE établir les principes fondamentaux et les attributs de la gestion des risques qui sont utilisés par les méthodes OCTAVE.
Les méthodes sont :
- autogéré: des petites équipes du personnel de l’organisation à travers les unités d’affaires et de l’informatique de travailler ensemble pour répondre aux besoins de sécurité de l’organisation.
- flexible: Chaque méthode peut être adaptée à l’environnement de l’organisation de risque unique, la sécurité et les objectifs de résilience, et le niveau de compétence.
- évolué: OCTAVE a déplacé l’organisation vers un fonctionnement axé sur les risques en vue de la sécurité et aborde la technologie dans un contexte d’affaires.

L’approche OCTAVE utilise une évaluation des risques fondée sur les actifs informationnels. Le risque est examiné sur la base des vulnérabilités organisationnelles et technologiques qui menacent un groupe d’actifs critiques à la mission de l’organisation. En considérant de plus que seulement les vulnérabilités technologiques qui une suite d’outils permettant d’identifier à partirdu matériel de l’organisation et l’infrastructure logicielle, l’approche OCTAVE aborde les questions suivantes:
- Quels sont les actifs ayant besoin d’une protection ?
- Quel est le niveau de protection nécessaire ?
- Comment l’actif pourrait être compromis ?
- Quel est l’impact si la protection échoue ?
- Le catalogue des pratiques de sécurité utilisées pour évaluer le risque doit tenir compte des pratiques de sécurité réglementaires et acceptée pour le domaine organisationnel.
- La façon dont les informations sont recueillies évaluation des risques doit s’inscrire dans le contexte organisationnel.
- Les documents produits que la méthodologie est utilisée doit être écrite pour les décideurs de l’organisation en utilisant le niveau de détail approprié et spécifique au contexte de la terminologie.
- Les menaces considérées dans les étapes de l’analyse doivent être compatibles avec ceux considérés comme pertinents pour l’organisation.
- Critères d’évaluation utilisés pour évaluer l’impact des risques sur l’organisation et de hiérarchiser les risques pour des considérations d’atténuation doivent être fondés sur des mesures organisationnelles.
En outre, lorsque l’application d’une méthodologie OCTAVE-avec ou sans couture-les orientations générales suivantes sont essentielles pour intégrer le contexte organisationnel dans l’approche OCTAVE. Ces lignes directrices devraient être considérés comme chaque exécution d’Octave est prévu:
- L’équipe d’analyse devrait inclure des personnes familières avec l’organisation et l’approche OCTAVE. Les ressources externes peuvent être la source la plus appropriée OCTAVE de cette expertise si les ressources internes ne sont pas déjà formés. Adapter nécessite la participation de ressources organisationnelles et OCTAVE.
- Les sources d’information inclus dans l’évaluation n’ont pas besoin d’être exhaustive, mais ils doivent fournir un contexte relativement complet. Ils devraient représenter une connaissance suffisante de l’organisation, les domaines spécifiques d’organisation retenus pour l’analyse, et les actifs d’information choisis pour l’analyse critique.
- La gestion de la sécurité de l’information est un sous-ensemble des risques organisationnels, et l’organisation peut bénéficier d’une gamme coordonnée des efforts d’évaluation de gestion des risques que l’adresse de l’entreprise.
Pour plus d’information:
Méhari
La méthode MÉHARI est issue des travaux de Jean-Philippe Jouas et de Albert Harari, lorsqu’ils étaient à l’emploi de Bull. Jean-Phillipe Jouas était Directeur de la sécurité du Groupe et Albert Harari était responsable des méthodes au sein de cette Direction. Leurs travaux initiaux furent consolidés par la commission Méthodes du Clusif, leClub de la Sécurité des Systèmes d’Information Français.
Albert Harari avait développé Melisa pour la DCN (Direction des Constructions Navales de la Délégation Générale pour l’Armement) et cette méthode proposait une certaine vision des risques, avec des paramètres d’évaluation relativement simples et adaptés à la cible visée. Son utilisation dans un contexte industriel et dans un Groupe international a conduit Jean-Philippe Jouas et Albert Harari à faire évoluer cette base pour définir un modèle du risque complet et une métrique associée. Les résultats de ces travaux ont été publiés en 1992. Sur la base de ce modèle et en incorporant les bases de connaissances du Clusif dans la méthode Marion depuis 1984, s’est construit progressivement un ensemble d’outils de management de la sécurité qui portent le nom de MÉHARI, la MÉthode Harmonisée d’Analyse du Risque Informatique.
MÉHARI est présenté comme une boîte à outils de laquelle les spécialistes pourront tirer, en fonction des besoins et des circonstances, des solutions au problème de management de la sécurité.
LES ÉLÉMENTS DE MEHARI
L’ensemble méthodologique Mehari comprend les éléments suivants :
Des guides :
- Guide de classification des ressources sensibles
- Guide d’audit des services de sécurité
- Guide d’analyse de risque
- Guide d’élaboration d’objectifs de sécurité
Des bases de connaissances :
- Base des services de sécurité
- Base d’audit des services de sécurité
- Base de scénarios de risque
- Base d’analyse des scénarios de risque en fonction des services de sécurité effectifs
- Base d’analyse des scénarios de risque par évaluation directe des facteurs de risque
Des moteurs ou processus d’évaluation quantitative :
- Moteur d’évaluation de la qualité des services de sécurité
- Moteur d’évaluation des facteurs de risque
- Moteurs d’évaluation de la potentialité et de l’impact d’un scénario de risque
- Moteur d’évaluation de la gravité d’un risque
Le guide d’analyse de risque de MÉHARI est destiné au Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Informations (RSSI), aux membres de son équipe et aux responsables opérationnels qui peuvent être amenés à faire régulièrement de telles analyses.
Le guide traite les points suivants :
- Les objectifs et limites de l’analyse de risque
- L’élaboration des référentiels servant de bases à la métrique de risque
- Le choix des scénarios de risque adaptés au contexte et à l’entreprise
- Les processus et les méthodes d’évaluations : approche analytique des facteurs de risque par les services de sécurité et approche globale de ces facteurs.
- Les acteurs et intervenants de l’analyse, expert et groupe de pilotage : rôles et modes de travail.
La base des scénarios de risques de MÉHARI contient un ensemble de scénarios de risque classés par familles de conséquences.
Pour chaque scénario sont décrits :
- Le type général de conséquence et le type de ressource atteinte par le scénario. La base standard actuelle comporte 12 familles de scénarios classés en fonction des conséquences et des types de ressource atteinte.
- Le type de vulnérabilité exploitée.
- Le type d’acteur ou l’origine du scénario.
- Une indication synthétique indiquant s’il s’agit d’une atteinte à la Disponibilité, à l’Intégrité ou la Confidentialité de la ressource.
- Une indication synthétique indiquant s’il s’agit d’un accident, d’une erreur ou d’une malveillance.

Le schéma ci-dessus reprend l’ensemble des éléments de MÉHARI qui interviendront dans une démarche complète d’élaboration de plans de sécurité. L’ensemble de la démarche est structuré pour différencier les étapes fondamentales et structurantes qui seront franchies lors de l’élaboration de plans au sein d’entités autonomes. Les premières ont pour objet l’établissement d’un plan stratégique, les secondes celui de plans opérationnels.
EBIOS
Créée en 1995 par l’ANSSI et régulièrement mise à jour, la méthode EBIOS (Expression des Besoins et Identification des Objectifs de Sécurité) permet d’apprécier et de traiter les risques relatifs à la sécurité des systèmes d’information (SSI). Elle permet aussi de communiquer à leur sujet au sein de l’organisme et vis-à-vis de ses partenaires, constituant ainsi un outil complet de gestion des risques SSI. L’ANSSI et le Club EBIOS ont publiés en 2010 une nouvelle version de la méthode EBIOS pour prendre en compte les retours d’expérience et les évolutions normatives et réglementaires.
Cette version de la méthode, plus simple et plus claire que la précédente, offre la possibilité d’élaborer et d’assurer le suivi d’un plan d’actions relevant de la sécurité des systèmes d’information. Elle est assortie d’une base de connaissances, le référentiel général de sécurité, enrichie d’exemples concrets permettant d’élaborer des scénarios de risque pertinents pour votre organisme.
La méthode EBIOS permet d’apprécier et de traiter les risques. Elle fournit également tous les éléments nécessaires à la communication au sein de l’organisme et vis-à-vis de ses partenaires, ainsi qu’à la validation du traitement des risques. Elle constitue de ce fait un outil complet de gestion des risques.
L’établissement du contexte
Un contexte bien défini permet de gérer les risques de manière parfaitement appropriée, et ainsi de réduire les coûts à ce qui est nécessaire et suffisant au regard de la réalité du sujet étudié.
Pour ce faire, il est essentiel d’appréhender les éléments à prendre en compte dans la réflexion :
- le cadre mis en place pour gérer les risques ;
- les critères à prendre en considération (comment estimer, évaluer et valider le traitement des risques) ;
- la description du périmètre de l’étude et de son environnement (contexte externe et interne, contraintes, recensement des biens et de leurs interactions…).
La méthode EBIOS permet d’aborder tous ces points selon le degré de connaissance que l’on a du sujet étudié. Il sera ensuite possible de l’enrichir, de l’affiner et de l’améliorer à mesure que la connaissance du sujet s’améliore.
L’appréciation des risques
Il y a risque de sécurité de l’information dès lors qu’on a conjointement :
- une source de menace ;
- une menace ;
- une vulnérabilité ;
- un impact.
On peut ainsi comprendre qu’il n’y a plus de risque si l’un de ces facteurs manque. Or, il est extrêmement difficile, voire dangereux, d’affirmer avec certitude qu’un des facteurs est absent. Par ailleurs, chacun des facteurs peut contribuer à de nombreux risques différents, qui peuvent eux- mêmes s’enchaîner et se combiner en scénarios plus complexes, mais tout autant réalistes.
On va donc étudier chacun de ces facteurs, de la manière la plus large possible. On pourra alors mettre en évidence les facteurs importants, comprendre comment ils peuvent se combiner, estimer et évaluer (hiérarchiser) les risques. Le principal enjeu reste, par conséquent, de réussir à obtenir les informations nécessaires qui puissent être considérées comme fiables. C’est la raison pour laquelle il est extrêmement important de veiller à ce que ces informations soient obtenues de manière à limiter les biais et à ce que la démarche soit reproductible.
Pour ce faire, la méthode EBIOS se focalise tout d’abord sur les événements redoutés (sources de menaces, besoins de sécurité et impacts engendrés en cas de non respect de ces besoins), puis sur les différents scénarios de menaces qui peuvent les provoquer (sources de menaces, menaces et vulnérabilités). Les risques peuvent alors être identifiés en combinant les événements redoutés et les scénarios de menaces, puis estimés et évalués afin d’obtenir une liste hiérarchisée selon leur importance.
Le traitement des risques
Les risques appréciés permettent de prendre des décisions objectives en vue de les maintenir à un niveau acceptable, compte-tenu des spécificités du contexte.
Pour ce faire, EBIOS permet de choisir le traitement des risques appréciés au travers des objectifs de sécurité : il est ainsi possible, pour tout ou partie de chaque risque, de le réduire, de le transférer (partage des pertes), de l’éviter (se mettre en situation où le risque n’existe pas) ou de le prendre (sans rien faire). Des mesures de sécurité peuvent alors être proposées et négociées afin de satisfaire ces objectifs.
La validation du traitement des risques
La manière dont les risques ont été gérés et les risques résiduels subsistants à l’issue du traitement doivent être validés, si possible formellement, par une autorité responsable du périmètre de l’étude. Cette validation, généralement appelé homologation de sécurité, se fait sur la base d’un dossier dont les éléments sont issus de l’étude réalisée.
La communication et la concertation relatives aux risques
Obtenir des informations pertinentes, présenter des résultats, faire prendre des décisions, valider les choix effectués, sensibiliser aux risques et aux mesures de sécurité à appliquer, correspondent à des activités de communication qui sont réalisées auparavant, pendant et après l’étude des risques.
Ce processus de communication et concertation relatives aux risques est un facteur crucial de la réussite de la gestion des risques. Si celle-ci est bien menée, et ce, de manière adaptée à la culture de l’organisme, elle contribue à l’implication, à la responsabilisation et à la sensibilisation des acteurs. Elle crée en outre une synergie autour de la sécurité de l’information, ce qui favorise grandement le développement d’une véritable culture de sécurité et du risque au sein de l’organisme.
L’implication des acteurs dans le processus de gestion des risques est nécessaire pour définir le contexte de manière appropriée, s’assurer de la bonne compréhension et prise en compte des intérêts des acteurs, rassembler différents domaines d’expertise pour identifier et analyser les risques, s’assurer de la bonne prise en compte des différents points de vue dans l’évaluation des risques, faciliter l’identification appropriée des risques, l’application et la prise en charge sécurisée d’un plan de traitement.
EBIOS propose ainsi des actions de communication à réaliser dans chaque activité de la démarche.
La surveillance et la revue des risques
Le cadre mis en place pour gérer les risques, ainsi que les résultats obtenus, doivent être pertinents et tenus à jour afin de prendre en compte les évolutions du contexte et les améliorations précédemment identifiées.
Pour ce faire, la méthode EBIOS prévoit les principaux éléments à surveiller lors de la réalisation de chaque activité et lors de toute évolution du contexte afin de garantir de bons résultats et de les améliorer en continu.
Une démarche itérative en cinq modules
La méthode formalise une démarche de gestion des risques découpée en cinq modules représentés sur la figure suivante :
La démarche est dite itérative. En effet, il sera fait plusieurs fois appel à chaque module afin d’en améliorer progressivement le contenu, et la démarche globale sera également affinée et tenue à jour de manière continue.
Module 1 – Étude du contexte
À l’issue du premier module, qui s’inscrit dans l’établissement du contexte, le cadre de la gestion des risques, les métriques et le périmètre de l’étude sont parfaitement connus ; les biens essentiels, les biens supports sur lesquels ils reposent et les paramètres à prendre en compte dans le traitement des risques sont identifiés.
Module 2 – Étude des événements redoutés
Le second module contribue à l’appréciation des risques. Il permet d’identifier et d’estimer les besoins de sécurité des biens essentiels (en termes de disponibilité, d’intégrité, de confidentialité…), ainsi que tous les impacts (sur les missions, sur la sécurité des personnes, financiers, juridiques, sur l’image, sur l’environnement, sur les tiers et autres…) en cas de non respect de ces besoins et les sources de menaces (humaines, environnementales, internes, externes, accidentelles, délibérées…) susceptibles d’en être à l’origine, ce qui permet de formuler les événements redoutés.
Module 3 – Étude des scénarios de menaces
Le troisième module s’inscrit aussi dans le cadre de l’appréciation des risques. Il consiste à identifier et estimer les scénarios qui peuvent engendrer les événements redoutés, et ainsi composer des risques. Pour ce faire, sont étudiées les menaces que les sources de menaces peuvent générer et les vulnérabilités exploitables.
Module 4 – Étude des risques
Le quatrième module met en évidence les risques pesant sur l’organisme en confrontant les événements redoutés aux scénarios de menaces. Il décrit également comment estimer et évaluer ces risques, et enfin comment identifier les objectifs de sécurité qu’il faudra atteindre pour les traiter.
Module 5 – Étude des mesures de sécurité
Le cinquième et dernier module s’inscrit dans le cadre du traitement des risques. Il explique comment spécifier les mesures de sécurité à mettre en œuvre, comment planifier la mise en œuvre de ces mesures et comment valider le traitement des risques et les risques résiduels.
7.2 Le choix d’une méthode
Un des outils dans l’arsenal du praticien de la sécurité et des organisations qui souhaitent mettre en oeuvre un processus de gestion du risque informationnel est la méthode d’analyse de risque. De nombreuses méthodes existent sur le marché, certaines gratuitement, d’autres à un coût non négligeable. Dans certains cas, des organisations créées des méthodes d’analyse de risque afin de répondre à leurs besoins et tenir compte de contraintes particulières. Chacune de ces méthodes peut s’avérer un outil efficace lorsqu’elles sont utilisées diligemment dans un contexte bien déterminé. Cependant, comme tout outil, elles ont des limites. Elles ont une utilité propre, souvent dans un contexte organisationnel particulier ou un domaine d’activité limité (Banques, ministère). De même, comme d’autres méthodologies de recherche, elles cherchent à mesurer des concepts, le risque informationnel, par l’intermédiaire de variables (comme la menace ou l’impact) selon des échelles de mesure (par exemple : bas, moyen, élevé). Plusieurs des concepts mesurés ne peuvent être mesurés directement (par exemple comme lire la température sur un thermomètre) mais indirectement, en demandant à quelqu’un d’indiquer quelle est son estimation de la valeur de la mesure de la variable attribuée au concept. Ainsi comme toute méthodologie, la méthodologie d’analyse de risque informationnel doit tenir compte de plusieurs sources d’erreur, soit en relation à la sélection des individus qui donnent les réponses, de l’interprétation à donner aux réponses, du type de mesures utilisées, de l’analyse (explicative ou statistique) ou de l’interprétation des résultats.
Dans le domaine de la médecine, il est nécessaire de déterminer le risque associé à l’introduction de protocoles de soins ou de nouveaux médicaments. Pour des raisons historiques et éthiques, le domaine de la médecine a systématisé l’utilisation de méthodologies. Plusieurs études ont été réalisées sur les sources d’erreurs et de biais, ainsi que les moyens à mettre en oeuvre pour limiter leur impact. Le but étant de s’assurer que les résultats d’une étude soient fidèles à la réalité. Cette section présente une grille d’analyse des méthodes d’analyse de risque en relation à des critères d’évaluation provenant de diverses sources, dont les exigences de rigueur méthodologique issues de la médecine et les normes internationales ISO. Dans un premier temps, un rappel de certains concepts est présenté. L’article présente ensuite les critères d’évaluation utilisés, les résultats pour conclure avec des suggestions pour la suite des choses.
Qu’est-ce qu’une méthodologie ?
La méthodologie, science de la méthode, est un méta méthode, une méthode des méthodes, une sorte de coffre à outils. Dans ce coffre chaque outil est un processus, une technique ou une technologie appropriée à résoudre une énigme particulière ou à déterminer la valeur d’une variable particulière. Lorsque l’on travaille dans un domaine, une méthodologie permet d’établir une suite d’actions à effectuer, de questions à se poser, de choix à faire, qui permet de mener de manière plus efficace une étude ou la résolution d’un problème. C’est un des éléments qui font la différence entre un art et une profession. En recherche, la méthodologie est cette systématisation de l’étude, indépendamment du sujet de l’étude lui-même. C’est ce qui permet d’obtenir des résultats qui ont une scientificité démontrable, qui peuvent être reproduits ou vérifiés par des individus extérieurs à l’étude. Une méthodologie d’analyse de risque informationnel propose une série d’activités et d’outils permettant d’analyser le risque informationnel dans un contexte précis et à un moment précis. En recherche médicale différentes qualités sont requises d’une méthodologie:
- Crédibilité: Les résultats de l’analyse des données recueillies reflètent l’expérience des participants ou le contexte avec crédibilité.
- Authenticité: La perspective émique (intérieure des participants) présentée dans les résultats de l’analyse démontre une conscience des différences subtiles d’opinion de tous les participants.
- Criticité: Le processus d’analyse des données recueillies et des résultats montre des signes d’évaluation du niveau de criticité.
- Intégrité: L’analyse reflète une validation de la validité répétitive et récursive associée à une présentation simple.
- Explicité: Les décisions et interprétations méthodologiques de même que les positions particulières de ceux qui réalisent l’étude (l’enquêteur) sont considérées.
- Réalisme: Des descriptions riches et respectant la réalité sont illustrées clairement et avec verve dans les résultats.
- Créativité: Des méthodes d’organisation, de présentation et d’analyse des données créative sont incorporées à l’étude.
- Exhaustivité: Les conclusions de l’étude couvrent l’ensemble des questions posées au départ de façon exhaustive.
- Congruence: Le processus et les résultats sont congruents, vont de pair les uns avec les autres et ne s’inscrivent pas dans un autre contexte que celui de la situation étudiée.
- Sensibilité: L’étude a été faite en tenant compte de la nature humaine et du contexte socioculturel de l’organisation étudiée.
Exprimé simplement, c’est important d’utiliser une méthodologie de qualité en analyse du risque informationnel pour les raisons suivantes:
- le processus doit être indépendant de ceux qui le réalisent
- les résultats de l’analyse doivent être représentatif de la réalité
- les résultats sont utilisés pour prendre des décisions.
La validité interne fait référence à l’exactitude des résultats. Il y a validité interne lorsqu’il y a concordance entre les données et leur interprétation. Une étude peut être considérée pour sa validité interne, c’est-à-dire qu’elle est vraie pour la population à l’étude, c’est-à-dire que les résultats de l’étude correspondent à ce qui a été étudié pour ces individus à ce moment dans le temps. Sans contrôles formels et sans faire une étude approfondie, il est impossible d’évaluer la validité internet de toutes les méthodologies à l’étude. Quant à la validité externe, qui réfère à la généralisabilité des résultats (permets d’en tirer des conclusions impartiales au sujet d’une population cible plus grande que l’ensemble des sujets), cet aspect de la validité n’est important qu’en ce qui concerne une population cible externe particulière, ce qui est moins critique pour les petites organisations compte tenu de l’utilisation limitée, mais plus significative aux grandes organisations. Par exemple, les résultats d’une analyse de risque menée avec sept participants dans une unité d’affaires peuvent être généralisés à l’ensemble de l’organisation (la population cible étant formée de toute l’organisation et ;la population disponible formée de sept individus). Ici aussi, sans contrôles formels et sans faire une étude approfondie, il est impossible d’évaluer la validité externe.
La mesure des variables
Un premier problème porte sur la mesure des variables que l’on cherche à étudier lors d’une analyse de risque. La mesure est l’attribution de nombres à des objets, à des événements ou à des individus selon des règles préétablies dans le but de déterminer la valeur d’un attribut donné. En recherche, une variable est un concept auquel une mesure peut être déterminée. Elle correspond à une qualité (p. ex. petit, grand) ou à un caractère (p. ex. grandeur, age) qui sont prêts à un élément (personnes, événements) faisant objet d’une recherche et auquel une valeur est attribuée. Les variables sont reliées aux concepts théoriques au moyen de définitions opérationnelles servant à mesurer des concepts et peuvent être classées de différentes façons selon les rôles qu’elles remplissent dans une recherche. La mesure est l’attribution de nombres à des objets, à des événements ou à des individus selon des règles préétablies dans le but de déterminer la valeur d’un attribut donné.
Une partie du risque informationnel peut être mesuré objectivement sur la base de données historique d’une organisation: le risque informationnel objectif. Cependant, peu d’organisations disposent d’une quantité de données objectives fiables sur une période suffisante pour les utiliser efficacement. Il est important de noter qu’il y a dans cette partie du risque, une problématique de distribution des probabilités qui demande éclaircissement. Si l’on peut assigner un risque potentiel sur la base de probabilités de réalisation d’événements futurs, on assume que ces événements sont distribués normalement lors d’un très grand nombre d’observations. Cet à priori est très discutable sans une base de connaissances suffisante et un grand nombre d’observations.
Tout ce qui ne peut pas être mesuré objectivement doit l’être subjectivement. Ainsi, tout ce qui n’est pas du risque objectif est placé, dans cet article, dans le camp du risque informationnel subjectif. Toute approche méthodologique cherchant à déterminer quelle est la situation d’une organisation en matière de gestion de risque informationnel subjectif, doit intégrer des façons d’identifier les attentes de l’organisation (valeurs et croyances) par les individus qui la composent et par les documents disponibles, sorte d’artéfacts. D’un point de vue méthodologique, une approche qualitative est, seule, capable de décrire le phénomène du risque informationnel dans son contexte particulier compte tenu de l’état actuel des connaissances. Les contrôles méthodologiques sont donc requis afin de s’assurer de la congruence des résultats d’une analyse de risque avec la réalité de l’organisation étudiée. Si l’on ne pouvait garantir la validité des résultats, on ouvre la porte à des critiques sur les résultats et sur les recommandations éventuelles suite à une étude.
Les échelles de mesure
L’on distingue les mesures discrètes (des catégories) des mesures continues. La mesure continue utilise des valeurs numériques selon des règles de mesure (quantité, longueur, température). Elle permet de déterminer si une caractéristique est présente et, si oui, à quel degré. Les échelles de mesure sont habituellement classées en quatre catégories, telles que présentées dans le tableau ci-dessous par ordre croissant de précision et de complexité du calcul mathématique envisageable.
|
Échelle de mesure |
Description |
Exemple(s) |
|
Échelle nominale |
Classe les objets dans de catégories. |
Sexe masculin ou féminin, race, religion. |
|
Échelle ordinale |
Les objets sont classés par ordre de grandeur. |
Degré de scolarité: Secondaire 1, secondaire 2, secondaire 3 Niveaux d’exposition bas, moyen ou élevé. Catégorie salariale: modeste (0 à 20000$), basse (20001$ à 35000$), etc. |
|
Échelle à intervalles |
Les intervalles entre les nombres sont égaux. |
La température mesurée en degrés Celsius |
|
Échelle à proportions |
L’échelle a un zéro absolu. |
La température mesurée en degrés Kelvin, le poids, la taille, le revenu. |
Il est critique de s’assurer qu’une rigueur scientifique est présente dans toute analyse de risque. Certaines méthodes utilisent des données qualitatives auxquelles sont assignées des valeurs numériques sur lesquelles une analyse statistique est effectuée. Si en plus ces valeurs assignées sont utilisées dans des calculs mathématiques, c’est plutôt douteux. Le passage d’une donnée qualitative à une donnée quantitative ne peut se faire sans qu’il soit appuyé par un cadre rigoureux qui doit être vérifié rigoureusement. Sinon, quelle signification donner aux résultats ? Quelle est leur précision ?
La majorité des méthodologies analysées utilisent des échelles ordinales et des échelles à intervalles. Ce type d’échelle de mesure n’est pas approprié pour des opérations mathématiques complexes, mais peut faire l’objet d’analyse statistique. Le problème est que certaines de celles-ci effectuent des opérations mathématiques complexes qui ne sont pas appropriées compte tenu de l’échelle de mesure. Certaines semblent disposer de contrôles méthodologiques pour dominer la situation. Octave est le seul qui utilise une échelle à proportion permettant une utilisation optimale des données.
L’échantillonnage
Il est essentiel de se questionner sur l’échantillonnage en analyse de risque. Si l’on rencontre un nombre limité de membres d’une organisation pour obtenir des informations permettant d’assigner des valeurs à des variables, il est essentiel que ces personnes fournissent des réponses qui sont en mesure de fournir un portrait réel et complet de la situation: l’échantillon doit être représentatif de la population qu’il représente. Toutes les méthodologies ont un échantillon non probabiliste déterminé par choix raisonné. Ce qui signifie que, dans chaque cas, les individus qui participent à l’étude sont choisis par les individus qui font l’analyse de risque. Ainsi, de nombreux biais de sélections sont introduits, en fonction de relations de pouvoir, de disponibilité, de priorités organisationnelles et individuelles, etc. Ainsi, toutes les méthodologies semblent disposer d’un échantillon sont on ne peut déterminer la représentativité. Il est donc incertain que l’ensemble de la situation, tel qu’elle existe dans la réalité, ne puisse s’exprimer dans les résultats de l’analyse de risque. De même, il n’y a aucun contrôle de la saturation afin de s’assurer que tout ce qui est à dire sur la situation sous analyse soit dit par les individus qui sont inclus dans l’échantillon.
7.3 Son application sur le terrain
7.6 Exercice
7.7 Questions de révision
à venir…
7.8 Principales références pour le chapitre
- http://www.securite-informatique.com/mehari.htm
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Chapitre 8. ISO 27005: Gestion des risques liés à la sécurité de l’information
Ce chapitre a pour objectif de permettre aux étudiants de développer une expertise fonctionnelle de la norme ISO 27005:2011Gestion du risque en sécurité de l’information. Cette norme donne des lignes directrices pour gérer les risques en sécurité de l’information. La norme étaye les concepts généraux spécifiés dans l’ISO 27001 Systèmes de gestion de la sécurité de l’information – Exigences.
La norme ISO 27005 a pour but d’aider à mettre en œuvre l’ISO 27001, la norme relative aux systèmes de management de la sécurité de l’information (SMSI), qui est fondée sur une approche de gestion du risque. Pour comprendre cette norme internationale, il est important de connaître les concepts, modèles, processus et termes exposés dans l’ISO 27001 et l’SO 27002: 2005, Code de bonne pratique pour la gestion de la sécurité de l’information. Toutefois, l’ISO 27005 ne donne aucune méthodologie spécifique pour la gestion du risque en sécurité de l’information. Il appartient à l’organisation de définir son approche, selon par exemple le domaine d’application du SMSI, en fonction du contexte de gestion du risque ou du secteur industriel.
8.1 Introduction
L’ISO a élaboré plus de 18 500 normes internationales sur des sujets très variés et quelque 1100 nouvelles normes ISO sont publiées chaque année. Tout l’éventail des domaines techniques figure dans la liste de normes internationales. Les utilisateurs peuvent parcourir cette liste pour trouver les informations bibliographiques sur chaque norme, accompagnées, dans de nombreux cas, par un résumé. La liste en ligne des standards de l’ISO regroupe le catalogue des normes publiées par l’ISO ainsi que le programme technique de l’ISO pour les projets de normes.
La norme ISO/CEI 27005:2008 a été publié en 2008. Elle fut créé par le JTC1/SC27, le sous-comité 27 du comité technique conjoint numéro 1 de l’ISO, l’International Standards Organisation et de la commission électrique internationale (CEI). Le comité SC27, Techniques de sécurité des technologies de l’information, est structuré en cinq (5) groupes de travail ou Working group (WG):
| JTC 1/SC 27/WG 1 | Systèmes de management de la sécurité de l’information |
| JTC 1/SC 27/WG 2 | Cryptographie et mécanismes de sécurité |
| JTC 1/SC 27/WG 3 | Critères d’évaluation de la sécurité |
| JTC 1/SC 27/WG 4 | Contrôles et services de sécurité |
| JTC 1/SC 27/WG 5 | Gestion d’identité et technologies de domaine privé |
Le WG1 est le groupe responsable de l’élaboration de la norme ISO 27005. L’ISO 27005 fournit des lignes directrices relatives à la gestion des risques en sécurité de l’information. Elle vient en appui des concepts généraux énoncés dans l’ISO 27001; elle est conçue pour aider à la mise en place de la sécurité de l’information basée sur une approche de gestion des risques. Il est important de connaître les concepts, les modèles, les processus et les terminologies décrites dans l’ISO 27001 et l’ISO 27002 afin de bien comprendre l’ISO 27005. L’ISO 27005 est applicable à tous types d’organisations (par exemple les entreprises commerciales, les agences gouvernementales, les organisations à but non lucratif) qui ont l’intention de gérer des risques susceptibles de compromettre la sécurité des informations de l’organisation.
8.2 Les domaines de la norme
La norme ISO 27005 détaille le processus de gestion de risque dans les chapitres 6 à 12. Elle est complétée de 6 annexes de référence A à F, nécessaires à la mise en œuvre de la méthode.
- Chapitre 6 : le processus de gestion de risque est expliqué dans son ensemble
- Chapitre 7 : établir le contexte de l’analyse des risques
- Chapitre 8 : définition de l’appréciation des risques
- Chapitre 9 : quatre choix du traitement du risque sont proposés
- Chapitre 10 : acceptation du risque
- Chapitre 11 : communication du risque
- Chapitre 12 : surveillance et réexamen des risques
8.6 Exercice
8.7 Questions de révision
à venir…
8.8 Principales références pour le chapitre
Chapitre 9. Création d’un cadre de gestion de risque
Introduction au processus de création d’un cadre de gestion de risque. TP Final : Analyse de risque en utilisant les scénarios du TP1
Exemple de l’utilisation de ISO 27002:2008
| No ISO | Nom du contrôle | Coût estimé$ | Effort estimé (ÉTC) |
| 5.1.1 | Information security policy document | 10 000 | 0,3 |
| 5.1.2 | Review of the information security policy | 0 | 0,05 |
| 6.1.1 | Management commitment to information security | 0 | 0 |
| 6.1.2 | Information security co-ordination | 0 | 0,5 |
| 6.1.3 | Allocation of information security responsibilities | 0 | 0,01 |
| 6.1.4 | Approval process for information processing facilities | 0 | 0,01 |
| 6.1.5 | Contact with authorities | 0 | 0,1 |
| 6.1.6 | Contact with special interest groups | 5 000 | 0,12 |
| 6.1.7 | Independent review of information security | 10 000 | 0,2 |
| 6.2.1 | Identification of risks related to external parties | 15 000 | 0,2 |
| 6.2.2 | Addressing security in second party agreements | 5 000 | 0,1 |
| 6.2.3 | Addressing security in third party agreements | 5 000 | 0,1 |
| 7.1.1 | Inventory of assets | 50 000 | 0,3 |
| 7.1.2 | Ownership of assets | 0 | 0,1 |
| 7.2.1 | Classification guidelines | 5 000 | 0,1 |
| 7.2.2 | Information labeling and handling | 10 000 | 0,3 |
| 8.1.1 | Roles and responsibilities | 2 000 | 0,1 |
| 8.1.2 | Screening | 10 000 | 0,2 |
| 8.1.3 | Terms and conditions of employment | 2 000 | 0,1 |
| 8.1.4 | Confidentiality agreements | 2 000 | 0,1 |
| 8.2.1 | Management responsibilities | 2 000 $ | 0,1 |
| 8.2.2 | Information security awareness, education and training | 20 000 | 0,3 |
| 8.2.3 | Disciplinary process | 0 | 0,1 |
| 8.3.1 | Termination responsibilities | 0 | 0,1 |
| 8.3.2 | Return of assets | 0 | 0,1 |
| 8.3.3 | Removal of access rights | 0 | 0,1 |
| 9.1.1 | Physical security perimeter | 50 000 | 0,1 |
| 9.1.2 | Physical entry controls | 15 000 | 0,1 |
| 9.1.3 | Securing offices, rooms and facilities | 10 000 | 0,1 |
| 9.1.4 | Protecting against external and environmental threats | 10 000 | 0,1 |
| 9.1.5 | Working in secure areas | 5 000 | 0,1 |
| 9.1.6 | Public access, delivery and loading areas | 5 000 $ | 0,1 |
| 9.2.1 | Equipment siting and protection | 10 000 | 0,1 |
| 9.2.2 | Supporting utilities | 2 000 | 0,1 |
| 9.2.3 | Cabling security | 2 000 | 0,1 |
| 9.2.4 | Equipment maintenance | 50 000 $ | 0,1 |
| 9.2.5 | Security of equipment off-premises | 20 000 | 0,1 |
| 9.2.6 | Secure disposal or re-use of equipment | 2 000 | 0,1 |
| 9.2.7 | Removal of property | 1 000 | 0,1 |
| 10.1.1 | Documented operating procedures | 50 000 | 0,1 |
| 10.1.2 | Change management | 33 000 | 0,1 |
| 10.1.3 | Segregation of duties | 10 000 | 0,1 |
| 10.1.4 | Separation of development, test and operational facilities | 20 000 | 0,1 |
| 10.2.1 | Service delivery | 5 000 | 0,1 |
| 10.2.2 | Monitoring and review of third party services | 5 000 | 0,1 |
| 10.2.3 | Managing changes to third party services | 5 000 | 0,1 |
| 10.3.1 | Capacity management | 12 000 | 0,1 |
| 10.3.2 | System acceptance | 5 000 | 0,1 |
| 10.4.1 | Controls against malicious code | 10 000 | 0,1 |
| 10.4.2 | Controls against mobile code | 5 000 | 0,1 |
| 10.5.1 | Information back-up | 50 000 | 0,2 |
| 10.6.1 | Network controls | 20 000 | 1 |
| 10.6.2 | Security of network services | 10 000 | 0,3 |
| 10.7.1 | Management of removable computer media | 5 000 | 0,1 |
| 10.7.2 | Disposal of media | 20 000 | 0,3 |
| 10.7.3 | Information handling procedures | 5 000 | 0,1 |
| 10.7.4 | Security of system documentation | 10 000 | 0,1 |
| 10.8.1 | Information exchange policies and procedures | 2 500 | 0,1 |
| 10.8.2 | Exchange agreements | 2 000 | 0,1 |
| 10.8.3 | Physical media in transit | 3 000 | 0,1 |
| 10.9.1 | Electronic commerce | 40 000 | 0,1 |
| 10.9.2 | On-Line Transactions | 1 000 | 0,1 |
| 10.8.4 | Electronic messaging | 15 000 | 0,1 |
| 10.8.5 | Business information systems | 5 000 | 0,1 |
| 10.9.3 | Publicly available information | 2 500 | 0,1 |
| 10.10.1 | Audit logging | 20 000 | 0,1 |
| 10.10.2 | Monitoring system use | 15 000 | 0,1 |
| 10.10.3 | Protection of log information | 5 000 | 0,1 |
| 10.10.4 | Administrator and operator logs | 2 000 | 0,1 |
| 10.10.5 | Fault logging | 2 000 | 0,1 |
| 10.10.6 | Clock synchronization | 0 | 0,1 |
| 10.10.7 | Collection of evidence | 5 000 | 0,1 |
| 11.1.1 | Access control policy | 5 000 | 0,1 |
| 11.2.1 | User registration | 2 000 | 0,1 |
| 11.2.2 | Privilege management | 20 000 | 0,1 |
| 11.2.3 | User password management | 10 000 | 0,1 |
| 11.2.4 | Review of user access rights | 0 | 0,2 |
| 11.3.1 | Password use | 0 | 0,1 |
| 11.3.2 | Unattended user equipment | 0 | 0,1 |
| 11.3.3 | Clear desk and clear screen policy | 0 | 0,1 |
| 11.4.1 | Policy on use of network services | 5 000 | 0,1 |
| 11.4.2 | User authentication for external connections | 10 000 | 0,1 |
| 11.4.3 | Equipment identification in the network | 5 000 | 0,1 |
| 11.4.4 | Remote diagnostic and configuration port protection | 10 000 | 0,1 |
| 11.4.5 | Segregation in networks | 5 000 | 0,1 |
| 11.4.6 | Network connection control | 5 000 | 0,1 |
| 11.4.7 | Network routing control | 5 000 | 0,1 |
| 11.5.1 | Secure log-on procedures | 5 000 | 0,1 |
| 11.5.2 | User identification and authentication | 5 000 | 0,1 |
| 11.5.3 | Password management system | 5 000 | 0,1 |
| 11.5.4 | Use of system utilities | 0 | 0,1 |
| 11.5.5 | Session time-out | 0 | 0,1 |
| 11.5.6 | Limitation of connection time | 0 | 0,1 |
| 11.6.1 | Information access restriction | 0 | 0,1 |
| 11.6.2 | Sensitive system isolation | 5 000 | 0,1 |
| 11.7.1 | Mobile computing and communications | 5 000 | 0,1 |
| 11.7.2 | Teleworking | 0 | 0,1 |
| 12.1.1 | Security requirements analysis and specification | 10 000 | 0,1 |
| 12.2.1 | Input data validation | 5 000 | 0,1 |
| 12.2.2 | Control of internal processing | 5 000 | 0,1 |
| 12.2.3 | Message integrity | 5 000 | 0,1 |
| 12.2.4 | Output data validation | 5 000 | 0,1 |
| 12.3.1 | Policy on the use of cryptographic controls | 5 000 | 0,1 |
| 12.3.2 | Key management | 20 000 | 0,1 |
| 12.4.1 | Control of operational software | 5 000 | 0,1 |
| 12.4.2 | Protection of system test data | 5 000 | 0,1 |
| 12.4.3 | Access control to program source code | 5 000 | 0,1 |
| 12.5.1 | Change control procedures | 5 000 | 0,1 |
| 12.5.2 | Technical review of applications after operating system changes | 5 000 | 0,1 |
| 12.5.3 | Restrictions on changes to software packages | 5 000 | 0,1 |
| 12.5.4 | Information leakage | 5 000 | 0,1 |
| 12.5.5 | Outsourced software development | 5 000 | 0,1 |
| 12.6.1 | Control of security vulnerabilities | 10 000 | 0,1 |
| 13.1.1 | Including information security in the business continuity management process | 5 000 | 0,1 |
| 13.1.2 | Business continuity and risk assessment for information security | 5 000 | 0,1 |
| 13.1.3 | Developing and implementing continuity plans for information security | 20 000 | 0,1 |
| 13.1.4 | Information security components of the business continuity planning framework | 5 000 | 0,1 |
| 13.1.5 | Including information security in testing, maintaining and re-assessing business continuity plans | 5 000 | 0,1 |
| 14.1.1 | Identification of applicable legislation | 5 000 | 0,1 |
| 14.1.2 | Intellectual property rights (IPR) | 5 000 | 0,1 |
| 14.1.3 | Safeguarding of organizational records | 5 000 | 0,1 |
| 14.1.4 | Data protection and privacy of personal information | 5 000 | 0,1 |
| 14.1.5 | Prevention of misuse of information processing facilities | 5 000 | 0,1 |
| 14.1.6 | Regulation of cryptographic controls | 5 000 | 0,1 |
| 14.2.1 | Compliance with security policy and standards | 5 000 | 0,1 |
| 14.2.2 | Technical compliance checking | 5 000 | 0,1 |
| 14.3.1 | Information systems audit controls | 10 000 | 0,1 |
| 14.3.2 | Protection of information systems audit tools | 5 000 | 0,1 |
| 15.1.1 | Reporting security incidents | 5 000 | 0,1 |
| 15.1.2 | Reporting security weaknesses | 5 000 | 0,1 |
| 15.2.1 | Responsibilities and procedures | 5 000 | 0,1 |
| 15.2.2 | Learning from incidents | 5 000 | 0,1 |
9.6 Exercice
9.7 Questions de révision
à venir…
9.8 Principales références pour le chapitre
◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊
Chapitre 10. Application de la gestion des risques informationnels dans des domaines particuliers
10.1
10.2 Gestion des risques informationnels dans les projets
Développer une expertise de haut niveau en gestion des risques informationnels dans les projets qui les habilite à la pratique professionnelle.
10.3 Partenariats et les situations d’impartition
Développer une expertise de haut niveau en gestion des risques informationnels dans les partenariats et les situations d’impartition TI qui les habilite à la pratique professionnelle.
10.4 Processus d’affaires
Développer une expertise de haut niveau en gestion des risques informationnels dans les processus d’affaires qui les habilite à la pratique professionnelle.
10.5 Gestion des risques informationnels en infonuagique (cloud)
Développer une expertise de haut niveau en gestion des risques informationnels dans les environnements dématérialisés (Cloud computing) qui les habilite à la pratique professionnelle.
10.6 Exercice
10.7 Questions de révision
à venir…
10.8 Principales références pour le chapitre 11
◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊O◊
Copyright 2012, Marc-André Léger et le Centre de recherche Hochelaga-Maisonneuve.






